Commentaire composé de ce poème, extrait du recueil "Poèmes Saturniens", dans lequel Verlaine fait part de ses sentiments lors d'une mystérieuse promenade imaginaire.
1140 mots (approx. 2.9 pages), 0 sources, 2008, 3,95 €
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Résumé Ce poème fait partie de la section des paysages tristes des "Poèmes Saturniens" de Verlaine.
L'adjectif saturnien évoque pour Verlaine, l'influence mélancolique que la planète saturne exercerait sur ceux qui sont nés sous son signe. Si le triste décor de cette promenade sentimentale n'est pas dénué de référence au réel, il reste avant tous un paysage intérieur, expression symbolique et voilée de la souffrance solitaire de Verlaine dont on ignore la cause.
L'hypothèse d'une allusion à la passion malheureuse de Verlaine pour sa cousine Elisa ne peut être retenu ici faute d'indice.
I. Le cercle de l'errance
1. Structure : une composition concentrique
2. L'effet de continuité
II. La langueur verlainienne
1. Le fantôme
2. La promenade
3. Le paysage
III. Une secrète aspiration
1. Variations sur fond de ressemblance
2. Angoisse et fascination
3. «Les ondes blêmes»
Extrait du document Il y a des modifications surtout dans les deux parties extrêmes du poème concernant le paysage et sur trois plans.
Rythme dans la durée : Le premier paysage est à l'imparfait ce qui donne un effet tableau mais le deuxième paysage et au passé simple, et ensuite on est en dehors du temps, c'est l'intemporalité on sort complètement du plan.
Rupture dans le rythme : Le premier paysage, il n'y a aucun rejet mais dans le deuxième paysage, il y a en a deux. Le rejet traduit la rupture et le déséquilibre, mais aussi le malaise.
Réorganisation de l'ordre des mots : dans le deuxième paysage, il y a une suppression de tous les verbes qui exprimaient la lumière (darde et luisait) et du mouvement. Le deuxième paysage est totalement nocturne et immobile, ce n'est pas une représentation statistique, l'image dit ce que la conscience refuse de s'avouer.
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Résumé Le poème « Effet de nuit » appartient à la seconde section du recueil des poèmes saturniens de Verlaine. Ce texte contient la description d'une scène nocturne et tranche par sa forme contractée et dense avec les sonnets de « Melancholia » dans la section précédente du recueil. Il semble inscrire comme la description d'une gravure sinistre.
il s'agit pour Verlaine de rivaliser avec les artistes, les aquafortistes ou les graveurs, en décrivant une scène de pendaison macabre. Mais, si cette section fait signe vers l'art, elle ne se place pas moins sous l'influence de Saturne qui domine le recueil des poèmes.
Cette étude montre comment Verlaine parvient à suggérer la mélancolie dans ce texte.
I/ Le poème « Effet de nuit » : la description d'une gravure
II/ La sensation « rendue »
Extrait du document Tout le cadre de l'action est, de même, marqué par le sinistre. Des termes souvent violents renvoient à un engloutissement : « déchiquette », « bec avide », « pâture », « éteinte ». Le goût de la dégénérescence et du pourrissement est illustré par l'hypallage : « Secoués par le bec avide des corneilles », étant donné que ce sont les corneilles – et pas les becs – qui sont avides.
Et l'allitération en [k] de ce même vers 5, qui crée un son dur et saccadé, nous laisse entendre cet acharnement des oiseaux sur les cadavres. L'image de cette orgie macabre, de ce festin dévorateur et sanglant, nous renvoie à l'esthétique du corrompu, de la nature décomposée, que nous pouvons trouver chez d'autres auteurs du XIXème siècle comme Baudelaire avec « une charogne ».
La fête lugubre, leuphorie de la décomposition sont incarnées par les charognards ; la corneille est en outre l'oiseau du malheur, lié au message funeste. Verlaine superpose dans son poème les poncifs : le nocturne, la nuit, moment de l'horreur, le choix du Moyen-Age comme époque sombre. On retrouve la vision de l'époque médiévale : « le gibet », « les loups », « la pertuisane » (arme à forme triangulaire du XVè siècle), sont des poncifs médiévaux. La « ville gothique » renvoie aux romans noirs abondant en fantômes, spectres et intrigues sanglantes. Certains motifs sont saturés : « l'air noir » est un topos romantique qu'on trouve aussi chez Lautréamont dans les Chants de Maldoror (1869) où il évoque « l'air beau et noir »
Commentaire de texte "Nevermore" qui est le second poème de la section intitulée "Mélancholia" des Poèmes Saturniens, dans lequel Verlaine exprime avec mélancolie son chagrin sentimental.
2050 mots (approx. 5.1 pages), 0 sources, 2007, 5,95 €
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Résumé Verlaine est considéré avec Baudelaire comme le père du symbolisme. Ce courant littéraire et culturel européen privilégie un sens du mystère, l'idée de correspondances entre les sens, et la lecture du monde et de la nature comme un réseau de symboles. Mais Verlaine est aussi marqué par le courant romantique et il reprend la mélancolie, la solitude, le thème amoureux et le goût de la nature. Enfin, il adopte en partie un troisième courant, celui du Parnasse, caractérisé par un refus des sentiments, une forme poétique assez courte, une grande recherche formelle (rimes, sonorité, rythme), et la conception de la poésie comme une belle description, un objet d'art sculpté. Dans son premier recueil, Les poèmes saturniens, Verlaine hésite entre ces trois options poétiques. Le poème Nevermore appartient plutôt au style romantique par le souvenir lyrique d'un premier amour qui marque pur la vie entière. L'évocation discrète de la femme aimée et idéalisée et le cadre naturel du sonnet sont les ingrédients typiquement romantiques d'un poème qui joue sur la réécriture.
I/ Le décor symbolique
1. Le souvenir obsédant
2. Une saison mélancolique
II/ Une scène galante
1. L'harmonie du couple
2. Un échange galant
3. Le jeu amoureux
III/ Le regret final
1. Le printemps de l'amour
2. Le regret de la voix
Extrait du document L'attaque inhabituelle sur une apostrophe en style direct est adressée à son souvenir lui-même dans une figure de style, l'allégorie (personnification d'une notion abstraite). Cette figure dramatise le rapport au temps en créant une entité qui persécute le poète et dont celui-ci voudrait se protéger. En dialoguant avec son souvenir, le poète s'interroge sur lui-même, il parle à son âme tourmentée par une perte douloureuse. L'anaphore du mot « souvenir » ainsi que le tutoiement un peu agressif ajoutent de l'intensité à la question initiale. Il semble s'agir d'une question vitale : le poète ne peut plus vivre avec ce souvenir obsédant. Une des fonctions du poème sera justement d'aider le poète à se délivrer du souvenir.
La première strophe se tourne alors vers l'évocation d'un décor automnal. La saison est mise en relief à la rime par la technique du contre-rejet (quand une phrase commence à la fin d'un vers et continue dans le vers suivant). On peut donc noter une double rupture dans ce vers : sur le plan du rythme d'abord, on a une coupe à dix syllabes accentuée par la sonorité dure de « tu », et sur le plan thématique on a un changement de sujet : on passe de souvenir à automne mais les deux concernent le temps.
Commentaire composé portant sur ce poème mélancolique et lyrique de Verlaine, extrait du recueil "Poèmes saturniens", qui évoque la femme aimée, rêvée, idéalisée.
1020 mots (approx. 2.6 pages), 0 sources, 2008, 3,95 €
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Résumé Verlaine est un poète symboliste du XIXème siècle dont la poésie est marquée par une grande musicalité. Verlaine décrit l'image d'une femme idéale à la fois amoureuse et consolatrice. La question que l'on peut alors se poser concernant ce poème est de savoir quels sont les sentiments exprimés par Verlaine.
I. Ce sonnet est lyrique et musical
II. Il exprime le rêve impossible d'une femme idéale
Extrait du document Ce sonnet est composé de deux quatrains et de deux tercets qui forment un sizain. Les vers sont des alexandrins. Il y a d'ailleurs une diérèse sur “inflexion” au vers 14. Les rîmes sont embrassées et identiques dans les quatrains puis suivies et plates aux vers 9 et 10 et croisées dans le dernier quatrain. Le plan du sonnet est particulier. Il est divisé en quatre parties représentant celles des strophes. La première évoque le rêve d'un amour réciproque. Le second est une description d'une femme idéale et ses pouvoirs consolateurs. Le premier tercet est marqué par deux questions qui révèlent le caractère flou de cette femme. Enfin, la dernière strophe met l'accent sur deux caractéristiques de cette femme : le regard et la voix. Le poème a donc une cohérence thématique qui s'organise autour de la description d'un rêve féminin.
Ce poème est lyrique. En effet, la présence de la 1ère personne du singulier est centrale, il est d'ailleurs le premier mot. Il y a une récurrence du pronom “je”. De nombreux adjectifs possessifs (“mon”, “ma”) accentuent l'aspect lyrique du poème, à travers lesquels Verlaine confie son intimité...
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Résumé La figure de Pierrot est en réalité celle du poète. Verlaine se voit condamné au silence, ce qui provoque son désarroi et se traduit par des regrets. Lui-même souffre d'une solitude effrayante. Par la représentation d'un personnage traditionnel, Paul Verlaine transcrit ses angoisses de poète face à la solitude, au silence et à l'oubli. La mort qui plane sur le texte évoque la dégradation ressentie par l'auteur en évoquant son passé.
Extrait du document Le titre du sonnet nomme le personnage : il s'agit de Pierrot, valet-bouffon de la Commedia dell arte. Il possède un certain nombre de caractéristiques. Il est d'abord habillé d'un ample vêtement blanc « pâle blouse » (v6), « manches blanches » (v10) qui cache ses formes. Son visage n'apparaît de façon précise que dans le second tercet « ses yeux » (v12), « sa face » (v14), « nez pointu » (v14). C'est un mime qui n'exprime ses sentiments que par des gestes : « il fait des signes fous » (v11) et n'émet aucun son « sa bouche est béante ». La troisième caractéristique est la lune : c'est un « rêveur lunaire » (v1) qui évolue dans l'obscurité. Tout semble donc lié : la clarté de la lune laisse voir la blancheur de son vêtement et de son maquillage « farine » (v13). La pâleur qui domine dans le paysage et le portrait montre donc l'innocence du personnage. On note également la gaieté de Pierrot dans le premier vers » vieil air » qui fait référence à la chanson populaire « Au clair de la lune » évoquant en apparence, l'insouciance de l'enfant.
Mais Verlaine se détourne de cette interprétation traditionnelle « ce n'est plus » (v1). Tous les éléments de la tradition sont détruits par cette négation au début du premier quatrain.
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Résumé Le symbolisme est le courant poétique qui domine pendant la deuxième moitié du XIX siècle. Verlaine reprend à Baudelaire son sens du mystère et de la suggestion et il développe la musicalité des vers.
Le poème "Mon rêve familier" est un des plus célèbres pour le caractère obsédant de ses reprises sonores et pour l'incertitude qui accompagne ce portrait indécis d'une femme entrevue en rêve : c'est un nouveau genre, si on veut, de poème d'amour dont le destinataire reste insaisissable.
Verlaine se parle d'avantage à lui-même dans une rêverie teintée d'enthousiasme et de mélancolie.
1. Un rêve obsédant
a. La répétition des mots
b. Les reprises de sonorités
c. Le bercement des rythmes
2. Un rêve imprécis
a. La femme insaisissable
b. Une femme maternelle
c. Un portrait flou, impressionniste ?
3. Un rêve heureux ou tragique
a. Le bonheur du poète
b. L'ombre du deuil, de la séparation
Extrait du document Le rêve de Verlaine n'est pas le récit d'une seule nuit agitée, il ne veut pas par l'étrangeté de son dévouement et la logique curieuse d'un récit linéaire. Il n'est que de le comparer avec les récits de rêve de Nerval dans Aurélia (ou la vie et le rêve). Le rêve de Verlaine est une expérience récurrente, qu'il nous livre par petites touches. C'est pourquoi la répétition est fondamentale pour faire sentir aux lecteurs ce caractère obsédant et même obsessionnel. Cette répétition concerne aussi bien le vocabulaire, les mots eux-mêmes, que les sonorités qui bercent ou qui lassent, ou la répétition des sensations, des images.
Commentaire composé du poème "Effet de nuit" extrait du recueil "Les poèmes saturniens" qui analyse quel effet veut produire Verlaine dans cette «eau-forte».
1755 mots (approx. 4.4 pages), 0 sources, 2007, 4,95 €
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Résumé Dans l'Epilogue dans "Poèmes saturniens", Verlaine écrit une véritable profession de foi parnassienne, privilégiant le travail de la rime, les thèmes descriptifs, la métaphore de la sculpture pour la poésie, le refus de l'inspiration et des thèmes amoureux (credo du romantisme). La deuxième section de son recueil est peut-être celle des six sections qui se rapproche le plus de cet idéal parnassien, même si d'autres poèmes, comme La Mort de Philipe II, en participent aussi. Le poème « Effet de nuit » est un des plus remarquables de cette veine picturale, la puissance de l'effet visuel, tout traversé de connotations affectives, venant remplacer le traditionnel lyrisme poétique. De fait, ce poème orienté vers son « effet », comme l'annonce le titre, privilégie les scènes très visuelles, les tableaux forts et souvent effrayants. Verlaine assure son « effet » grâce aux registres fantastique, lugubre ou pathétique.
I. Une nuit sinistre
1. L'atmosphère inquiétante : mauvais temps, lumières crues, formes acérées
2. Une ville de contes fantastiques : gothique médiéval ou des romans gothiques ?
3. Des sonorités «déchiquetées» : phrases brèves, [i], [è], [ou], [l], [k], [t]
II. Le bal des pendus
1. Une vision morbide : surenchère dans l'horreur, le macabre, 4 détails en gradation
2. Une danse d'épouvante : humour noir ? ballet fantastique, très vieux
3. Des sons d'horreur : [p] et [b], [k], [d] -- [an], [a], [è]
III. Une nature effroyable
1. Des plantes à piquants : épine et houx ; « horreur » = hérissé en latin
2. Rareté des végétaux : une nature désolée, chaotique, sombre, « fuligineux fouillis »
3. Toujours sons heurtés : [k], [p], frisson du [s], brouillage du [f]
IV. Une scène de cauchemar
1. Trois malheureux qu'on traîne au supplice ? « Livides », « pieds nus », encadrés.
2. Des soldats inhumains
3. Un mouvement arrêté
Extrait du document Le tableau est nocturne, moment traditionnel du climat fantastique, mis en valeur par la phrase nominale très brève : « La nuit ». L'ambiance dominante est ce qui frappe au premier regard l'observateur de la gravure. Le climat inquiétant s'assombrit de pluie, dans une équivalence sonore qui unifie les sensations : « La nuit. La pluie. » On a ici une paronomase (effet de sonorité jouant sur le rapprochement de mots presque semblables à l'oreille) évocatrice d'un certain malaise. Le « ciel blafard » (d'une blancheur maladive) complète cette ambiance d'effroi, de même que les formes coupantes des toitures : « que déchiquette / De flèches et de tours à jours la silhouette… » La ville apparaît d'ailleurs à peine, « éteinte au lointain gris », effet de tons moyens, dégradés de gris, qui connotent la tristesse (« teinte » peut être un euphémisme pour « morte »).
Commentaire composé du sonnet "Pierrot", dans lequel Verlaine se transpose en un personnage connu de tous afin de faire part de ses réflexions concernant son effacement de la scène littéraire.
1490 mots (approx. 3.7 pages), 0 sources, 2007, 3,95 €
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Résumé Pierrot est le deuxième poème de la sélection « Jadis » du recueil «Jadis et Naguère» publié en 1885. Pierrot est le mime de rues de la « Commedia dell'arte » qui est un genre théâtral populaire italien apparu en 1545. Mais ce Pierrot n'est pas celui des fêtes galantes, joyeux et plein de vie : au fil du texte, on comprend que ce Pierrot figé comme mort, c'est Verlaine voué à l'oubli après les ennuis qu'il a eu avec Arthur Rimbaud, mais aussi avec la justice qui le condamne à deux ans de prison.
I. Le traitement original d'un personnage traditionnel
A) Le statut du titre
B) Pierrot
II. Mort d'oubli
A) Un Pierrot ou un poète oublié
B) Un être moribond
III. L'absence c'est l'enfer
A) Solitude et silence
Extrait du document Verlaine détourne l'interprétation : d'emblée il le présente comme un personnage mort « ce n'est plus » (v.1).Tous les éléments de la tradition sont abolis par cette négation qui ouvre le texte. On remarque la présence déplacée de deux mots : « qui riait » (v.2) et « gaîté » (v.3) qui sont mis en valeur de part leur placement au début des vers. Le jeu des temps a aussi une place très importante puisqu'après l'imparfait qui marque une durée, (riait v.2) on trouve du présent qui fait le constat, « aujourd'hui » (v.4), « semble » (v.8), d'une époque révolue. Les postures aériennes de Pierrot sont transcrites ici par des allitérations en « l » qui semblent mourir comme Pierrot à la fin du premier quatrain. Son costume normalement blanc d'innocence semble représenter le drapé d'un fantôme. Verlaine perverti, blâme même la tradition en réinterprétant de façon négative la blancheur et la lune.
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Résumé Les poèmes de "Romances sans paroles" ont été composés pour la plupart en 1872 et 1873.
Plusieurs se ressentent d'une influence de Rimbaud, auquel Verlaine emprunte des thèmes et des rythmes de chansons.
Les impressions de voyage voisinent avec les vers lyriques des "Ariettes oubliées", où domine une immense tristesse.
Si le terme "romances" évoque une chanson sur un thème sentimental, l'expression "sans paroles" désigne sans doute le refus du discours, la recherche d'une poésie presque "au-delà des mots" qui soit seulement chant de l'âme, respiration, murmure.
Extrait du document «Le vent profond pleure» accentue encore cet aspect , avec une personnification du vent. (Le lecteur peut se poser la question : pourquoi pleure-t-il ?) La proposition « on veut croire » (v4) sonne de manière peu correcte, c'est presque du langage courant.
Le « on » désigne personne et tout le monde en même temps.
Qui veut croire en réalité ? Cela sous-entend la présence de tierces personnes qui ne sont ni nommées, ni mentionnées directement. On obtient avec la première strophe un effet de dissonance teinté de merveilleux, qui se perpétue avec la seconde. « Quoi donc se sent ? » (v5) : la phrase sonne de nouveau peu français, elle gène le lecteur. « L'avoine siffle » (v6) : en réalité c'est le vent qui siffle dans l'avoine, qui est ainsi présent dans les deux premiers quatrains, comme un vent de folie peut- être responsable des dissonances. Le buisson du septième vers est personnifié, actif contrairement au passant qui ne fait que subir l'action. D'où vient cet intervenant humain ? Le poète fait comme si sa présence était déjà connue. (A noter qu'il est d'usage de dire « l'œil du passant », mais était-ce le cas à l'époque de Verlaine, c'est peut-être encore une dissonance.) Au troisième quatrain on passe du paysage d'avoine et de buissons à un paysage plus urbain : « plutôt des bouges que des maisons » (v9/10). Le vocabulaire est péjoratif (bouges), la phrase est nominale, ce qui la met en évidence. La seconde phrase du quatrain est elle aussi nominale mais exclamative : « Quels horizons de forges rouges ! » (v 11/12) Cette couleur peut être associée avec l'herbe noire du premier ver ainsi qu'avec les forges : la vision d'une étendue urbaine industrielle prend alors une dimension infernale. En effet ces trois éléments font plus penser aux enfers qu'à un paysage traditionnel terrestre.
Commentaire composé du poème "Après trois ans" extrait du recueil "Les poèmes saturniens" de Verlaine, qui porte sur la question du bonheur des retrouvailles.
2100 mots (approx. 5.3 pages), 0 sources, 2007, 5,95 €
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Résumé Le grand succès du romantisme avec les "Méditations poétiques" de Lamartine en 1820 tient en grande partie à la redéfinition du langage poétique comme une sorte de confidence plus familière qu'auparavant entre le poète et le lecteur. Cette formule si féconde, Verlaine va la reprendre et la développer dans son poème "Après trois ans", écrit comme une lettre intime, sans effets poétiques trop voyants.
I/ L'entrée dans le jardin
1) Un début in medias res
2) Un jardin enchanté
II/ L'inventaire du décor
1) Une logique énumérative
2) Le jeu des personnifications
III/ La fusion passé/présent
IV/ Les éléments du temps qui passe
Extrait du document Le bonheur du souvenir s'exprime dans ce texte par un lyrisme discret qui s'accommode d'un langage presque familier. Nous pourrons voir dans les quatre mouvements de ce sonnet quels sont les effets discrets de ce lyrisme, effets de rythme, de sonorité, d'images ou de personnification. Ce poème se structure en quatre mouvements d'une découverte progressive dans le sens d'un émerveillement toujours plus fort.