Dissertation sur la pièce de Corneille "La Place Royale", dont la situation de départ est un couple amoureux à qui tout sourit. Corneille tente de montrer comment l'amour peut faire échec à l'amour.
11150 mots (approx. 27.9 pages), 0 sources, 2007, 14,95 €
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Résumé Dans "Le sentiment de l'amour dans l'œuvre de Corneille", Nadal affirme que, «quand il est posé, l'amour chez Corneille ne trouve sa contradiction essentielle qu'en lui-même»; c'est-à-dire que l'amour est déjà en lui-même, dans les pièces de Corneille, un nœud dramatique autonome, autosuffisant, au sens où il met en jeu le combat entre la volonté de l'amant et sa passion amoureuse.
Cette observation trouve sa radicalisation dans "La Place Royale" où il n'est pas besoin d'obstacles extérieurs (rival jaloux, parents ennemis…) pour relancer l'intrigue, car les amants y trouvent leur ennemi dans l'aimé autant qu'en eux-mêmes : les contraintes, les opposants, les obstacles qu'ils affrontent ne viennent pas de l'extérieur mais de l'intérieur, et c'est pourquoi Nadal dit à propos de la pièce que «la sédition s'y élève au cœur de l'amour».
Extrait du document L'hypothèse que la citation développe est la suivante : l'amour se suffit à lui-même comme nœud tragique. « Le conflit amoureux n'a pas besoin d'autres incidences que les siennes pour être une source de grandeur tragique tout à fait originale et inconnue. » ajoute Nadal. Dans cette optique, toute contrainte extérieure (rival jaloux, parents ennemis…) serait une pure pétition de principe que le dramaturge place sur les chemins tous tracés de ss héros et qu'il lèverait un peu avant la fin du dernier acte. Corneille refuse cette facilité : l'entêtement d'Angélique pour s'enfermer au couvent, au dernier acte, souligne par contraste l'artificialité de la fin heureuse, de sa fonction réconciliatrice et de sa valeur de convention. L'auteur préfère chercher dans l'amour lui-même ses propres antithèses, ses propres contradictions, et dans les caractères de ses personnages les sources de leurs maux.
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Résumé Alors que Corneille distingue les sujets propres à la tragédie et à la comédie, il affirme dans son Discours de l'utilité et des parties du poème dramatique (1660) : « La dignité de la tragédie demande quelque grand intérêt d'État, ou quelque passion plus noble et plus mâle que l'amour, telles que sont l'ambition, ou la vengeance, et veut donner à craindre des malheurs plus grands, que la perte d'une maîtresse. Il est à propos d'y mêler l'amour, parce qu'il a toujours beaucoup d'agrément, et peut servir de fondement à ces intérêts, à ces autres passions dont je parle ~ mais il faut qu'il se contente du second rang dans le poème, et leur laisse le premier ».
Dans cette hiérarchisation des passions, Corneille évoque ainsi la nécessité d'un péril qui dépasse les intérêts personnels pour s'étendre au champ du politique et de l'État.
La primordialité des intérêts d'Etat va être analysée dans le Cid de Corneille, et Antigone de Rotrou. Cependant, cette primordialité est remise en question car l'amour est une passion « fondement » des autres passions. Enfin, la tragédie, et surtout les passions qui lui sont rattachées, sont avant tout dépendantes d'un public.
Extrait du document L'esthétique galante, ne se réduit pas à un ensemble de formes données à l'art de séduire et au discours amoureux. Elle est aussi « se~ », « art des bonnes manières » et art d'écrire, c'est-à-dire à la fois éthique et esthétique, courant social et littéraire. Ses valeurs-clés sont le naturel ou la naïveté, la délicatesse, l'enjouement, la variété. C'est une esthétique fondée sur l'art de plaire et sur une sociabilité qui privilégie la présentation de soi, l'ethos, à des fins de distinction et d'intégration mondaine, voire de quête de prestige et de confirmation de son appartenance aux groupes valorisés. Or, l'esthétique galante supposait l'influence positive des dames sur la formation du goût et sur le façonnement des conduites. Les deux œuvres que nous analysons, depuis le début de cette étude, ont des critères d'appartenance à cette esthétique, surtout le Cid. A partir de cela, il est plus simple de dire qu'il n'est pas possible de définir des passions en fonction du sexe du public.
Commentaire composé analysant la pièce théâtrale "La Place Royale" de Corneille avec une théâtralité qui ouvre ses personnages et son intrigue à une multiplicité d'interprétations.
2705 mots (approx. 6.8 pages), 0 sources, 2010, 6,95 €
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Résumé La Place Royale est écrite par Corneille dans des années de mutations de la scène parisienne et de l'art dramatique. En effet, autour de 1630, le public devient plus raffiné ; il exige des divertissements qui lui correspondent, dans lesquels même il peut se reconnaître. Puisque la règle est de lui plaire, il impose les siennes. Sur le plan technique, les règles dramatiques arrivent des Italiens. Ce théâtre se trouve partagé entre des contraintes qu'il s'impose et le goût de ce qui « fait vrai ». Dans ce contexte, « les comédies de Corneille sont organisées selon des règles plus strictes [que celles de Molière], avec une intrigue plus agencée, plus visible, plus rigoureuse, au mépris parfois de la liberté des personnages, sinon même de la vraisemblance de leurs caractères et de leurs conduites. »
1. Admettre la validité du jugement de Patrick Dandrey
2. Nuancer le jugement de Patrick Dandrey par tous les éléments qui donnent la liberté et la vraisemblance de la pièce
3. Aller contre l'idée d'une mécanique théâtrale jugée trop écrit et dont la liberté réside dans son potentiel dramatique, bref, dans sa théâtralité
Extrait du document Définir la notion de vraisemblance implique de la recadrer dans son historicité. Il convient de noter un trait qui peut paraître, et pour cause, paradoxal à qui n'a fait que survoler la pièce : Corneille a un vrai souci de vraisemblance quand il écrit La Place Royale. Corneille appartient à la génération de 1628 : Auvray, Du Ryer, Mareshal et lui-même s'élèvent contre des règles trop strictes, ce qui ne signifie pas que leurs pièces sont mal organisées dès lors qu'on comprend par règles des normes moins imposées de l'extérieur que consenties intérieurement par les dramaturges.
Commentaire de la scène 2 de l'acte V du "Cid" de Corneille visant à déterminer comment le monologue permet d'exprimer le conflit entre l'amour et l'honneur. (pdf)
1465 mots (approx. 3.7 pages), 0 sources, 2006, 3,95 €
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Résumé Le conflit de l'amour et de l'honneur domine une grande partie des pièces de Corneille, dramaturge du XVIIe siècle. Le Cid, joué pour la première fois en 1637, n'échappe pas à cette règle. Chaque héros de cette pièce est tiraillé entre passion et devoir (Rodrigue, Chimène, l'infante). Mais toujours, le personne arrive à vaincre ce dilemme; en faveur de l'honneur. Au contraire, dans cette scène (acte V, scène 2), l'infante choisit l'amour en essayant de se convaincre que son honneur ne sera pas blessé. Elle hésite quand même longuement dans un monologue passionnel où transparaît tout son amour pour Rodrigue. Corneille a écrit de nombreuses pièces, variant de la comédie à la tragédie. Mais, avec Le Cid, il hésita longtemps entre le qualifier de tragi-comédie ou de tragédie. Cette scène, qui relèverait
plutôt de la tragédie, montre le désespoir d'une infante victime du destin.
Extrait du document Le monologue est très marqué par la passion. Une passion forte et déchirante que l'infante ne peut pas contrôler. On trouve d'ailleurs le champs lexical de la passion (« amour », « désirs », « passion ») et une métaphore de l'amour (« mes feux »). De plus, elle valorise Rodrigue et est éblouie par son amour(« ta valeur », « vaillant », « un si digne choix », « a grand nom de Cid »). On trouve une certaine constance des sentiments de l'infante.
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Résumé Dans cette scène, Géronte va annoncer à son fils le mariage qu'il lui a arrangé. Mais Dorante ne l'entend pas de cette manière et il va mentir pour y échapper. Cet extrait montre les figures et les valeurs classiques de l'époque de Corneille et les conséquences du mensonge ainsi que le poids de l'autorité paternelle.
Extrait du document Les figures essentielles que l'on retrouve dans cette scène sont annoncées au début. Le thème du mariage arrangé se retrouve. Mais qui dit mariage arrangé dit aussi personne qui arrange ce mariage. Ici c'est le père qui a ce pouvoir. Ce rôle de père dans la dramaturgie classique dégage l'esprit de pouvoir, de prise de décisions pour ses enfants et ses choix se montrent souvent incontestables. Cela se remarque dans la première partie de la scène, avant les aveux de Dorante. Géronte exprime clairement ses désirs à son fils : « Je veux te marier ». Ce dernier s'y oppose quand il découvre le nom de la jeune fille, Géronte tente cependant de montrer qu'il est seul maître des choix pris. : « Fais ce que je te dis ». Géronte en tant que père incarne une certaine puissance, le mariage est pour lui quelque chose d'important mais qui passe par des intérêts plus que par les sentiments. Ceci est le reflet et ne fait qu'appuyer le rôle des pères à cette époque classique. La femme que son fils doit épouser doit être « honnête, belle, riche » et « sage ».
Tags: intérêts, sentiments, art de la parole, pouvoir, autorité
Commentaire des trois premières scènes de l'acte II de la célèbre pièce de Corneille. La question est de savoir en quoi cet extrait nous interroge sur la soumission de l'Homme à sa destinée et à sa cité, et pourquoi cela mène à la tragédie.
2370 mots (approx. 5.9 pages), 0 sources, 2007, 5,95 €
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Résumé Cette pièce relate le conflit entre Albe et Rome qui durent choisir trois champions pour les représenter et qui élurent deux familles liées, celle des Horace et celle des Curiace.
Corneille propose ici, comme pour le Cid, une réflexion sur l'Homme et son rapport au destin et à l'Etat.
Extrait du document L'aspect le plus choquant de Horace, présent dans la troisième scène du deuxième acte, réside dans le fait qu'il évoque un caractère guerrier dépourvu de sentiments. En effet, le personnage, au vers 502, parlant à Curiace de leur désignation, dit : Albe vous a nommé, je ne vous connais plus. Or, les familles des deux personnages sont liées par différentes unions : Sabine, sœur de Curiace, est mariée à Horace ; Camille, sœur de Horace, est l'amante de Curiace ; Julie, une dame romaine, est la confidente de Sabine et de Camille. Malgré cela, Horace fait abstraction de ces liens au profit du combat qui se profile. Dans ses Pensées, Blaise Pascal disait d'ailleurs de cette attitude qu'elle relevait d'un « caractère inhumain ». Au vers 498, Horace ajoute : Rome a choisi mon bras, je n'examine rien. On peut donc, à l'instar de Pascal, conclure de son discours que Horace n'a pas d'humanité et qu'il n'est guidé que par son devoir ; il ne fait subsister que la nécessité patriotique.
Tags: Rome, conflit, combat, devoir, sentiment, famille
Commentaire composé traitant de la première scène de l'acte III de "L'illusion comique" de Corneille qui montre les relations conflictueuses père/fille entre Géronte et Isabelle.
1600 mots (approx. 4 pages), 0 sources, 2008, 3,95 €
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Résumé Ce texte est la scène première de l'acte III de l'Illusion comique écrit par Corneille. C'est une scène de conflit, de débat entre Géronte et Isabelle. Géronte somme sa fille d'accepter Adraste pour époux, mais Isabelle refuse. Ils useront tous deux de maints arguments pour faire valoir leur opinion. Mais Géronte ayant une position dominante en tant que père, ce texte se construit donc sur une argumentation déséquilibrée. ainsi se Est-ce qu'un dialogue peut quand même exister dans un contexte où les deux personnes ne sont pas à égalité? Il serait donc intéressant d'étudier, d'une part, la situation des deux personnages, en analysant tout d'abord la position prépondérante du père, puis la position d'infériorité qu'occupe Isabelle. Puis, d'autre part à l'argumentation des deux personnages, en étudiant les arguments de Géronte, le discours argumentatif par lequel Isabelle lui répond, puis la colère de Géronte lorsque celui-ci est à court d'arguments.
Extrait du document ce père autoritaire s'appuie essentiellement sur la raison et non sur le cœur. Il voit en Adraste toutes les qualités d'un bon prétendant : il a des biens, de la noblesse et des sentiments pour Isabelle (sentiments qui ne sont pourtant pas réciproques) : « Quoi ! Manque-t-il de bien, de cœur ou de noblesse ?
Tags: supériorité, prétendant, sentiments, pouvoir
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Résumé Comme le nom de l'œuvre l'indique, "L'illusion comique" de Corneille, œuvre baroque du XVIIe siècle, foisonne d'illusions. Pridamant a banni son fils Clindor de son royaume en raison de son goût trop prononcé pour le théâtre et de sa volonté à monter sur les planches. Cependant, chagriné par la perte de ce dernier, il regrette son acte et fait appel à un magicien, Alcandre, qui va lui montrer la destinée de son cher fils à travers sa boule de cristal. On nous fait croire un fait mais on découvre par la suite qu'il est erroné. Non seulement les personnages de la pièce se laissent abuser par leurs compagnons, mais ils piègent également le spectateur et le lecteur avec des faux semblants plus vrais que nature. On se perd au fil des péripéties, puis on se retrouve, sans n'être jamais certain que ce qui semble être authentique le soit réellement, jusqu'à s'apercevoir que la totalité de la pièce n'était qu'un leurre…
1. Illusion 1 : Les jeux de l'amour
2. Illusion 2 : Amour ou stratagème ?
3. Illusion 3 : Le geôlier, traître ou ami ?
4. Illusion 4 : La grande tromperie
Extrait du document On nous présentait Isabelle et Matamore comme étant deux amants fous l'un de l'autre à l'acte II, scène 4. Cependant, la scène suivante, on découvre que ce n'est qu'un jeu. Les véritables amants épris de passion sont en réalité Isabelle et Clindor. Une fois son supposé dulcine éclipsé, Isabelle confie à Clindor que « Ce message me plait bien plus qu'il ne lui semble : il me défait d'un fou pour nous laisser ensemble ». A ce moment précis, on commence à douter de son véritable attachement à matamore. Elle confirme nos impressions quelques vers plus loin en ajoutant à l'attention de Clindor : « Je dédaigne un rival, en un mot je vous aime ».
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Résumé "L'illusion comique" a été écrite en 1635 par Pierre Corneille. Cette tragi-comédie connaît un grand succès à cette époque mais ne respecte pas les règles du théâtre classique.
Au XVIIème siècle, être acteur n'était pas considéré comme un métier.
Comment Alcandre réussit-il à faire changer d'avis Pridamant sur le métier de son fils ?
Cette étude s'intéresse tout d'abord à la ruse d'Alcandre, puis à l'éloge qu'il fait du théâtre et du métier d'acteur pour convaincre Pridamant.
Extrait du document Alcandre fait croire à Pridamant que son fils est mort pour mieux qu'il accepte le fait qu'il soit devenu acteur. Le père croit à cette feinte et s'expriment avec le champ lexical du mélodrame. Il utilise des termes tels que «douleurs» (v.1594), «mes plaisirs foudroyés» (v.1596), «ruiné» (v.1596), «blessée» (v.1596), «misère» (v.1599), «bonheur fatal»(v.160)... . Il veut se donner la mort comme il l'exprime dans le vers 1604 «Adieu, je vais mourir puisque mon fils est mort». Cela crée le désespoir de Pridamant chez le spectateur.
Pridamant est assez naïf, «chez les morts compte-t-on de l'argent ?» (v.1611), «je vois ses assassins» (v.1614), Alcandre fait jouer les sentiments du père plutôt que sa logique.
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Résumé "L'illusion comique" écrite par Corneille a été jouée pour la première fois en 1636. Dans cette pièce baroque où perdure l'esthétique, on sent venir la réaction classique. Le début de la pièce s'ouvre par un dialogue entre Dorante, personnage secondaire, et Pridamant, le père de Clindor. Pridamant a chassé son fils par son autorité excessive et qui maintenant le recherche depuis dix ans. Cette exposition répond pour une part aux attentes du spectateur mais met aussi en place une esthétique baroque.
I- L'exposition au théâtre a pour but de situer les éléments indispensables à la compréhension de l'intrigue
II- La présentation du lieu par Dorante laisse le spectateur dans l'incertitude
III- Une atmosphère mystérieuse est créée par le champ lexical du clair-obscur
Extrait du document Le personnage de Dorante est le premier à prendre la parole dans la pièce. Il fait l'éloge d'Alcandre sans donner d'opinion personnelle. Il en parle comme d'une légende qu'il conterait à Pridamant « Il perd qui l'importune ainsi que qui l'offense »v14. Ce personnage qui n'est ni décrit physiquement ni psychologiquement est un personnage outil au service de l'exposition. Il est comparable à un bonimenteur qui attire le spectateur au spectacle. Dans cette perspective, la première scène est une représentation de la situation théâtrale : un spectateur, Pridamant, un bonimenteur, Dorante, un metteur en scène que l'on ne voit pas mais qui règle le spectacle.