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Résumé Pablo Picasso et Edouard Manet, deux génies en avance sur leur siècle, qui ont menée tout deux une existence qui fut toujours un pôle d'attraction public. L'œuvre réalisé par chacun est exemplaire, même si celle-ci ne fut pas toujours bien comprise par leurs contemporains.
L'œuvre de Manet déchaîne un scandale à Paris en 1863. Dans "Le déjeuner sur l'herbe" de 1961, Picasso conserve tous les traits essentiels du tableau classique.
I/ Edouard Manet (1832-1883)
a) Le mouvement impressionniste
b) Le Déjeuner sur l'Herbe
II/ Pablo Picasso
a) Le mouvement Cubiste
b) Le Déjeuner sur l'Herbe, d'après Manet. Les Déjeuners
III/ Comparaison des œuvres
Extrait du document Le mouvement impressionniste auquel Manet appartient, est né à partir d'une association de peintres autour de Monet qui exécute leurs tableaux en plein air, sur le motif, et tentent de saisir les manifestations fugitives de l'atmosphère. En évitant l'atelier et ses artifices, ils recueillent des sensations visuelles du paysage, peignent la lumière et ses effets. L'esthétique impressionniste, annoncée par William Turner, reçoit l'influence de Gustave Courbet et du réalisme. Ses adeptes vénèrent Eugène Delacroix qui expérimente avant eux la division des tons, les couleurs complémentaires et les contrastes colorés.
Refusés aux Salons officiels et traités de « barbouilleurs », les artistes vivent dans la misère et cherchent à se faire connaître par des expositions privées. C'est à l'occasion de la première manifestation du mouvement, à Paris, que le journaliste Louis Leroy du Charivari donne naissance au mot « impressionnisme » en ironisant sur le titre du fameux tableau de Monet, Impression, soleil levant.
Les peintres impressionnistes utilisent des chevalets légers et de la couleur en tube de zinc, facilitant le transport. Les toiles choisies sont en générale de petites dimensions, et ils peignent plusieurs tableaux à la suite pour matérialiser les sensations éphémères qu'ils perçoivent.
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Résumé Pablo Picasso (1881-1973) est, de nos jours, considéré comme un artiste unique, singulier – voire un peu marginal – tant son œuvre est diverse.
L'œuvre proposée dans cette étude est une peinture d'un « nu couché (Marie-Thérèse) » datant d'Avril 1932. La dite-femme s'avère être en fait l'amante du peintre, marié en ce temps là, à Olga Klokova.
Le sujet de cette huile sur toile ne semble pas incroyablement original ; il s'agit d'un nu de femme, couchée, comme il en existe depuis l'Antiquité.
Cette étude explique comment Picasso traite ce sujet traditionnel de manière novatrice, moderne et originale.
Extrait du document L'anatomie de Marie-Thérèse se dévoile sur une toile aux dimensions imposantes – 130 x 161.7 cm – à la limite du grandeur nature. Le corps s'est offert aux yeux du peintre, il s'offrira désormais aux yeux du spectateur. Peut-être s'agit-il ici de voyeurisme tant le corps est exhibé. Il occupe à lui tout seul la quasi-totalité de l'espace littéral. Notons d'ailleurs que cet espace est en format paysage, ce qui accentue la grandeur, l'important, de ce corps tant aimé par l'artiste. Par ailleurs il faut remarquer que le tableau se divise en quatre plans : le 1er touche aux fruits, le 2ème concerne le corps de Marie-Thérèse, le 3ème correspond au mur et sa tapisserie, ainsi que la fenêtre et enfin, le dernière se rapporte au soleil. Ce découpage se fait grâce à l'esprit du spectateur ; c'est lui qui le conçoit car Picasso semble avoir tout ramené à un seul et unique plan.
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Résumé «Massacre en Corée» est une œuvre du style expressionniste qui a été peinte en 1951 par Pablo Picasso.
Cet artiste espagnol est devenu membre du parti communiste en 1944 et a déclaré être un artiste révolutionnaire.
Cette œuvre est une œuvre de propagande qui place les Américains comme responsables des massacres de la guerre de Corée.
L'intention de Picasso était de critiquer le pouvoir occidental.
I. Contexte
II. Présentation de l'œuvre
III. Analyse de l'œuvre
Extrait du document Lors de la Conférence de Yalta, un accord a été conclu entre Staline et les Alliés (Royaume-Uni et Etats-Unis) qui stipulait que l'URSS entrerait en guerre contre le Japon trois mois après la capitulation de l'Allemagne. Il était également convenu que les Alliés feraient en sorte que les forces japonaises situées au nord de la Corée se rendraient aux Soviétiques et celles situées au sud se rendraient aux Américains.
Le 9 août 1945, les soviétiques investissent le Nord de la Corée et le 8 septembre 1944, ce sont les Américains qui interviennent au sud.
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Résumé j'ai souhaité pour mon stage d'une durée de deux mois, intégrer une entreprise dans laquelle je puisse d'une part, mettre en pratiques les connaissances théoriques acquises durant mes deux années passées au sein de l'I.U.T. Information Communication et d'autre part, travailler et approfondir mon savoir dans un domaine que j'affectionne tout particulièrement : la communication culturelle. En effet, la communication au sein d'un musée ne doit pas rester en exergue si on aspire à un bon déroulement des opérations, à développer le sentiment d'appartenance du personnel et à offrir une bonne image aux publics.
C'est pourquoi, la première partie de ce rapport va présenter le musée en mettant en relief ses atouts, ses fonctions, ses actions, ses publics ainsi que mes missions. Ensuite, une étude de la communication du musée en interne et externe va être faite. Enfin, les différents dispositifs de communication présents au sein du musée vont être analysés.
En revanche, la deuxième partie va développer le thème spécifique du projet. L'objectif étant de prendre du recul et mener une analyse critique des actions qui ont été menées. C'est ainsi qu'à l'encontre de certaines faiblesses, il va convenir de soumettre des propositions en terme de communication, pour la présentation et la préservation du patrimoine artistique de la Ville d'Antibes.
Pour conclure, je vais me pencher sur l'apport de cette expérience professionnelle aussi bien en ce qui concerne les compétences acquises en matière de communication en entreprise que dans le domaine artistique et humain.
SOMMAIRE
Introduction
Première partie. La communication au musée Picasso I. Présentation générale du musée
1. Les atouts
2. Les fonctions du musée
3. Les différents publics
4. Les actions
5. Les subventions
II. Analyse des dispositifs de communication
1. Organisation interne : le personnel
2. Communication interne
3. Communication externe : les publics
Deuxième partie. Participation à la vie du musée
I. Le service Communication
1. Le mode de financement
2. De la préparation d'une exposition à son résultat
II. Le service des Publics
1. Les activités pédagogiques
2. Le projet
3. Analyse des autres dysfonctionnements
Conclusion
Bibliographie
Extrait du document Le principal atout du musée Picasso est incontestablement d'être qualifié de pôle majeur de l'activité touristique d'Antibes. Situé face à la mer, il attire et fascine aussi le promeneur curieux que le passionné d'art. Ce musée est le premier musée Picasso au monde à avoir réussi l'écueil que peuvent rencontrer la plupart des musées monographiques. Dans celui-ci règne un équilibre entre les œuvres de Picasso, de Nicolas de Staël et d'Hans Hartung, de Anna-Éva Bergman et de Germaine Richier notamment. En outre, le musée Picasso n'a cessé de se développer. Des objets napoléoniens et des pièces d'archéologie (aujourd'hui conservées dans les réserves du musée) sont protégées. Des pièces créées sur place par Pablo Picasso lui-même, sur des supports peu usités alors dans le parcours du peintre (fibrociment et contreplaqué) sont exposées. Elles soulignent son étant d'esprit en 1946 au sortir de la deuxième Guerre Mondiale mais également son apport à l'univers méditerranéen et mythologique de la Grèce antique.
Le musée Picasso recense plus de trois œuvres de diverses natures (sculptures, tableaux, céramiques, photos). Outre, celles de Picasso, les autres pièces présentes dans le musée ont été enrichies au fur et à mesure par des œuvres d'art moderne et contemporain. Ainsi, le musée propose un parcours culturel intéressant sur la création plastique du XXème siècle.
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Résumé Cette étude répond à la problématique suivante : en quoi l'intrusion de tant d'éléments réels dans l'œuvre de Picasso « Nature morte à la chaise cannée » est-elle novatrice pour son époque ? L'étude se fait autour des notions de cubisme dit analytique et synthétique.
Extrait du document Le début du XXe siècle est marqué par le développement de nouvelles formes artistiques, telles le fauvisme ou le cubisme. En réalité, le temps est à une plus grande liberté vis-à-vis de l'objet représenté et Picasso, dont nous allons étudier l'une des œuvres, « Nature morte à la chaise cannée », est à ce titre tout à fait dans l'air de son époque. Picasso est avec Braque, l'initiateur de l'art cubiste, dont le point de départ est constitué par « les demoiselles d'Avignon », de Picasso, en 1907. Le cubisme se caractérise à ses débuts par plusieurs modifications d'éléments formels. On dit alors, que le cubisme entre dans sa phase analytique ; les objets voient leur forme disloquée et sont représentés par une addition de points de vue. Cette perte de forme a tendance à brouiller le sens de l'œuvre et c'est la recherche de solutions permettant de situer plus facilement le contexte, ou le motif représenté qui aboutit à l'élaboration de « Nature morte à la chaise cannée ». Cette œuvre, peinte en 1912 à Paris, représente une nature morte, genre pictural ancestral. Le châssis est ovale, le cadre est une corde clouée à la toile et sur celle-ci, un fragment de toile cirée imprimée avec un motif de cannage a été collé. La forme du châssis, la qualité du cadre et le collage sur la toile constituent à eux trois des innovations majeures dans l'Histoire de l'art.
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Résumé Exposé sur l'art primitif. Étude de la découverte de cet art et de la manière dont il a fait évolué l'art occidental. Dans quelles circonstances l'artiste moderne s'est-il intéressé à l'art primitif ? Pourquoi est-il allé y chercher son inspiration ? Cette découverte, cette révélation va avoir un impact sur la manière de faire de l'artiste, sur sa vision nouvelle des choses, notamment chez Picasso.
I) La découverte d'un art ouvert à un nouveau questionnement
A. Gauguin
B. Art primitif, nouveau questionnement, nouvelle façon de voir les choses
II) Impact chez les artistes
A. Picasso et sa manière de peindre
B. Révélation chez les artistes modernes, la cause d'une nouvelle réflexion sur cet art
Extrait du document Les objets d'art primitifs étaient jugés comme de simples instruments de rituels assimilés à des fétiches ou idoles. Perçus comme approximatifs, inhabiles et arbitraires, ils ont pourtant répondu à toutes les préoccupations des artistes du xxe siècle ; Paul Guillaume a dit à ce sujet : « l'art nègre a donné tant de vie à tant de peintres, à tant d'artistes ; il l'a conservé si simplement à l'art tout court qu'on peut considérer son apparition, sa révélation, en ce premier quart du 20ème siècle comme un de ces formidables événements qu'enregistre l'histoire des civilisations ».
Toujours jugé par rapport à la culture occidentale et à la sculpture classique naturaliste, qui restait le modèle inégalé, l'occident se pensait évolué par rapport aux autres continents et l'art primitif jugé arrière à notre art alors que c'est un art d'ailleurs, tout à fait différent, avec des buts differents.
Une relation va pourtant s'établir entre « les arts nègres » et les arts occidentaux, les artistes modernes vont faire preuve de curiosité et vont accorder de l'intérêt à d'autres arts.
Tags: art nègre, modernité, Gauguin, Picasso, influence
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Résumé Le cubisme a été créé par Braque et Picasso. Pour eux, le cubisme n'était pas réellement un mouvement artistique, contrairement à Gleizes et Etzinger qui,eux, ont écrit un manifeste. Il s'agissait plutôt d'une phase de recherche expérimentale pour trouver de nouvelles techniques et une nouvelle façon de représenter le réel. Braque et Picasso, pendant leur période cubiste, ont donc fait évoluer la figuration humaine.
Extrait du document Les trouvailles de Braque et Picasso sont nombreuses. Tout d'abord l'introduction de matériaux non artistiques dans la peinture est affirmée par Picasso en 1912 dans « Nature morte à la chaise canée ». Ensuite, le support est affirmé, le réel est transformé, déstructuré, géométrisé, restructuré (« effet miroir brisé »). Enfin le cubisme permet l'utilisation de couleurs arbitraires, d'aplats, de graphismes. La peinture traditionnelle imposait la ressemblance avec le réel. Même si les trouvailles de ces deux peintres ont choqué les esprits, particulièrement la technique du collage qui représentait un « salissement », une « dégradation » de la toile et de la peinture, aujourd'hui elles permettent une liberté totale à l'artiste : liberté de supports, de techniques, de matériaux, de sujets. L'artiste peut désormais donner sa propre vision du monde.
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Résumé Le thème des saltimbanques est fréquent au 19ème et au 20ème siècle dans la poésie (Baudelaire, Verlaine) et dans la peinture, notamment celle de Picasso. Picasso est l'ami d'Apollinaire (Picasso peint Famille de saltimbanques en 1905). Ce poème est sans doute inspiré d'un tableau comme le sudgère la dédicace à Marie Laurencin, peintre et maîtresse d'Apollinaire. Ce poème est tiré d'"Alcools", recueil publié en 1913. Il est composé de cinq quatrains en octosyllabes.
L'analyse de ce texte cherche à montrer les caractéristiques formelles de ce tableau, avant d'en étudier les aspects surnaturels, puis d'en analyser les éléments symboliques.
I. Un tableau du monde des saltimbanques
1. Cadre et contexte
2. Les figures
3. Un tableau
II. Un univers irréel
1. Des scènes étranges
2. Des éléments fantastiques
III. Un poème symbolique
1. L'importance du personnage de l'arlequin
2. Le jeu des contraires
3. L'univers du poète
Extrait du document L'arlequine est totalement inattendue car normalement, elle n'existe pas. L'arlequin est toujours un personnage masculin de la comédie italienne. Dans le poème il y a une place centrale en particulier dans les trois dernières strophes. Il y a d'autres figures qui renvoient à l'univers du cirque comme le charlatan, le nain et l'acrobate qui est désigné par une périphrase au vers 15 "un homme pendu sonne en mesure des cymbales".
Chaque strophe compte au moins un personnage du nom du cirque. La présence de ces figures croit de plus en plus dans les deux dernières strophes. Ce phénomène pourrait correspondre à l'observation des éléments d'un tableau ou à la découverte d'une scène par un spectateur.
Tags: imagination, décor, figure de style, acrobate, symbole, Arlequin
Mémoire d'art plastique qui montre comment, au XXème siècle, l'objet a peu à peu été introduit dans la peinture, ce qui a remis en question le rôle de l'artiste et a modifié la relation entre créateur et public.
4550 mots (approx. 11.4 pages), 12 sources, 2007, 8,95 €
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Résumé Picasso avec "Nature morte à la chaise cannée" en 1912, annonce l'avènement du collage. Il réintroduit le sujet dans la toile et c'est alors la perception du spectateur qui change.
Selon Golding c'est le «coup le plus violent assené à la peinture traditionnelle».
Picasso annonce avec ce tableau, la possibilité de créer une œuvre par le simple agencement de matériaux. Le réel surgit, non plus par la grâce du médium, mais dans sa vérité. Il charrie avec lui les rebus de la société de consommation naissante.
Ce geste anodin sera lourd de conséquence. Il fut un pied de nez aux tenants de la technique mais aussi une mise en procès du fondement de la peinture occidentale : l'illusionnisme.
L'utilisation d'objets ou de fragment d'objets dans la peinture sera également très présente par la suite dans le Pop Art ou chez les nouveaux réalistes.
1. Comment et à partir de quand apparaît un objet ou une partie d'objet dans une peinture ?
2. Quelle sorte d'objet est utilisé ?
a- Objets usés
b- Objets neufs
3. Quel est le rôle de l'objet dans la toile ?
a- Renouer avec la réalité
b- Refléter une époque
c- S'approprier le quotidien
d- Prélever le réel afin de remplacer la réalité
4. Remise en question du rôle de l'artiste
5. Relation entre créateur et public
6. Héritage dans le milieu contemporain
Extrait du document D'après Pierre Restany ce qui réunit le groupe des nouveaux réalistes, c'est une conscience de l'art moderne, industrielle. Il se crée un geste d'appropriation du réel, passage de l'inerte vie industrielle à la vie de l'objet dans l'art.
Le procédé qui consiste à insérer un objet ou un fragment d'objet dans une toile permet de donner à celui-ci une dimension gratifiante et ceci dans une logique d'appropriation de la réalité.
Les objets sont récurrents dans l'iconographie des nouveaux réalistes et sont le reflet de la société de consommation de masse c'est à dire un reflet du monde contemporain urbain et industriel avec lequel l'artiste est en phase.
« Un grand Français, un grand Russe, un grand Allemand appartiennent à l' « humanité » mais ils ne seraient pas si grands et n'appartiendraient donc pas à l'humanité s'ils n'étaient pas à ce point allemand, français, russe. »
Telle est l'idée de Thomas
3800 mots (approx. 9.5 pages), 10 sources, 2007, 7,95 €
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Résumé Dans tous les cas, il paraît évident que la Nation donne des clés de compréhension du monde et permet d'accéder à la Culture. Dans ce contexte, les grands hommes de toutes nationalités constitueraient bien un ensemble de voix répondant aux questions humaines, voix qui résonnent différemment, chaque peuple y trouvant une signification particulière . Les grands hommes, comme le pense Thomas Mann, réordonnent le passé, construisent les volontés présentes et façonnent ainsi la culture nationale comme le visage de l'humanité.
Mais si l'appartenance du « grand homme » à la culture nationale comme à celle de l'Humanité est un fait, la soumission totale des oeuvres culturelles à l'idée de nation repose sur un profond malentendu, que Thomas Mann semble avoir quelque peu mis de côté : la portée universelle du grand homme est un statut qui ne peut servir la culture que si l'humanité toute entière peut y accéder .
Enfin, la complexité de notre contexte actuel, depuis les écarts de la culture de masse, la perte de sens du cadre étatique jusqu'à l'avènement d'une humanité de plus en plus uniformisée, a montré que la force convaincante d'une oeuvre réside dans sa différence comme dans sa totalité ( La tableau Guernica de Picasso n'a t'il pas d'autant plus de valeur qu'il dénonce, à travers les malheurs de son pays, l'atrocité de la guerre ? ). Grâce à une volonté cosmopolite placée sous le signe de l' Art plus que de la Nation, ces oeuvres, portées par les grands hommes, pourraient renaître et se constituer comme totalité, sans perdre leur valeur propre.
Extrait du document L'homme, par le seul fait qu'il existe et qu'il se pense en tant qu'homme, dément la fatalité de sa condition. Ce pouvoir, l'artiste l'affirme avec force, développe sa propre vision du monde et sait la faire partager à d'autres. Le grand homme s'affirme également aux côtés de l'artiste : il perpétue par l' Histoire ses actes exemplaires.
Qu'ils soient précurseurs, rebelles, engagés politiquement, en France comme en Russie, ces hommes sont dits "grands" parce qu'ils symbolisent l'héritage culturel d'une nation toute entière. Ils se font les portes-parole de l'ensemble des oeuvres manuscrites, picturales, musicales, philosophiques qui permettent à un peuple de se revendiquer d'une identité nationale.
Mais les « grands hommes » sont aussi ambivalents : s'ils ont la capacité d'aider les hommes à vivre au sein d'un monde, l'humanité, ils ne peuvent le faire connaître que de l'intérieur, à travers les valeurs de leur propre culture, portées par leur pays d'origine.
Voilà pourquoi Thomas Mann écrivait qu' « Un grand Français, un grand Russe, un grand Allemand appartiennent à l' « humanité » en tant qu'ils sont affiliés à leur propre pays, car " ils ne seraient pas si grands et n'appartiendraient donc pas à l'humanité s'ils n'étaient pas à ce point allemand, français, russe »Selon Thomas Mann, le « grand homme » et ce que l‘on pourrait appeler les « grands États » sont au service de l'humanité.
Le grand homme est étroitement lié à la culture, quelle que soit sa spécialité. Ce n'est pas une figure isolée mais l' ambassadeur désigné d'un peuple, d'une culture et de valeurs nationales. Il promeut -volontairement ou malgré lui- au plus haut point ce que son pays a de plus enviable, de plus précieux, ce qu'on ne pourrait pas trouver dans une autre pensée, un autre paysage. Un homme devient un « grand homme » à partir du moment où il s'élève grâce aux valeurs de son pays pour appartenir à l'humanité tout en gardant ses couleurs d"origine. Le grand homme est donc au service de l'Etat comme de l'humanité, il prêche les nobles caractéristiques de sa Nation devant l'ensemble des hommes et des cultures réunies. En ce sens, il remplace les grands hommes religieux. Nietzsche, philosophe allemand contemporain de Mann, pense que " Dieu est mort ", mais qu' un "phénomène nouveau" a pris sa place au sein de l'humanité : Si les grands hommes s'élèvent par leur culture plus que par leur religion, c'est parce que "l'Etat [est apparu] comme étoile pour guider la Culture". A elles deux, ces nouveautés illustrent le propos de Thomas Mann : la Culture a pris l'ascendant sur la Religion pour ne plus s'associer qu'à la politique dans des pays comme la France, l' Allemagne ou la Russie. Les grands hommes et les Etats se veulent culturels devant l'humanité, et ce sont les grands hommes qui vont incarner cette volonté ( à l‘image de Bismarck et de son Kulturkampf). Les grands hommes ont été déterminés par leur pays, mais ils s'ingénient aussi à le représenter . En quelque sorte, les « grands hommes » sont aussi des objets culturels, au sens où ils ne sont pour la plupart des gens qu'un symbole, une personnification possédant les qualités et les défauts de l' Etat qui les surdétermine. Dans cette perspective, les grands hommes et la Culture sont toujours au service de l' Etat, mais le peuple est seul juge de leur grandeur. Les grands hommes font autant partie de l'histoire que du patrimoine d'un pays, mais pour cela ils se doivent d'une certaine éthique : un homme ne peut être grand s'il n'a pas une grande âme , tel est le sens que l'on pourrait donner à cette phrase de Rabelais, " Science sans conscience n'est que ruine de l'âme ". Ce qui empêche aujourd'hui la Russie ou l'Allemagne de poser Staline ou Hitler comme des grands hommes, c'est la propagande, la violence, les crimes et l'arbitraire dont ils ont usé pour diriger. Un personnage comme Gandhi par exemple, qui n'a pas eu l'importance politique d'un géant comme Staline, sera toujours considéré comme un grand homme parce qu'il a su se mettre au niveau de l'humanité, écouter les hommes et leur répondre par la non-violence .