Fiche de lecture portant sur l'ouvrage de Bernanos qui analyse les conséquences du péché, à savoir la solitude et l'enfermement, le désespoir et le rejet.
4035 mots (approx. 10.1 pages), 0 sources, 2009, 8,95 €
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Résumé "Sous le soleil de Satan", oeuvre du "plus grand écrivain de son temps" selon André Malraux -à savoir Georges Bernanos- est publié en 1926. Cette œuvre résolument polémique entame une guerre plus philosophique et politique sur un fond marqué de catholicisme.
L'auteur traduit son angoisse originelle par cette lutte du Bien et du Mal qui sévit dans le roman. Voici l'une de ses premières originalités : Satan et l'Enfer ne sont pas, habituellement, des thèmes littéraires pour un chrétien.
La composition inédite de "Sous le soleil de Satan" est d'ores et déjà révélatrice mais il rejoint tout de même le "roman traditionnel" sur quelques points. Cependant, le lien qui est établi entre l'imaginaire et le réel reste prépondérant.
Extrait du document Gaetan Picon se propose de nous délivrer son point de vue dans la préface des Oeuvres romanesques de Bernanos en 1961 : "Peut-être le roman de Bernanos est-il un dernier refuge pour quelques-unes des vertus aujourd'hui sans emploi du grand roman traditionnel. Par la puissance, la diversité, l'excès même de ses incarnations, il semble se référer à une étendue de l'imagination ou de l'observation débordant infiniment l'expérience et l'identité du narrateur. Nous voyons ces prêtres, ces saints, ces criminels que leur créateur n'a pas été, qui ont une tout autre présence physique, nous assistons à des scènes forcenées que sa vie n'a pas connues. Le vieux romanesque ne reçoit-il pas ici l'une de ses dernières expressions authentiques, le vieux romanesque qui fait mouvoir sur le mur de l'imaginaire l'ombre démesurée du réel".
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Résumé Alors que la France se remet peu à peu des ravages matériels et psychologiques qu'a causés la "Grande Guerre", Georges Bernanos publie en 1926 son premier roman intitulé Sous le soleil de Satan. Bien que les premiers ouvrages mettant en scène les horreurs de la guerre naissent, tel que Le feu, Bernanos s'intéresse à la vie campagnarde d'avant-guerre. Il connaîtra un véritable succès puisque plus de cent mille lecteurs suivront les aventures de la jeune Mouchette et de l'abbé Donissan.
1.Aux antipodes du réalisme
2.Pourtant, quelques points s'en rapprochent
3.L'aspect polémique de l'oeuvre
Extrait du document Sous le soleil de Satan se situe bien "aux antipodes du réalisme" dans la mesure où apparaît, dès la partie "la tentation du désespoir", un surnaturel fortement marqué. En effet, à partir de là, le roman nous livre un combat âpre entre le Bien et le Mal. Le curé de Lumbres, Donissan, qui par la suite devient un saint, se doit de lutter contre cette présence inévitable de Satan. Il suit dès lors le modèle de la Passion du Christ: il "renaît" le soir de Noel au son de l'Angelus, s'afflige les mêmes souffrances que le Christ par le biais des mortifications, mène une lutte contre le Mal tout en voulant sauver et préserver les âmes pures, et finit par mourir tout près de Dieu. De plus, sur la route menant à Etaples, Donissan fait la rencontre de Satan sous les traits d'un banal maquignon. Ce dernier lui dit d'ailleurs: "Vous me portez dans votre chair obscure, moi dont la lumière fut l'essence-dans le triple recès de vos tripes-moi, Lucifer...". Cette rencontre plutôt inattendue est alors l'apogée de ce combat surnaturel acharné. Un peu plus tard, quand le saint rencontre Mouchette, il ira jusqu'à lui dire: "Vous êtes comme un jouet, vous êtes comme la petite balle d'un enfant, entre les mains de Satan". Les scènes qui ponctuent largement le roman dès "la tentation du désespoir" sont en fait emplies de surnaturel.
Tags: littérature française, littérature contemporaine, Seconde Guerre Mondiale, Allemagne, France
Dissertation portant sur l'association dans le langage courant, de l'adjectif «créateur» avec le terme «art», l'art étant considéré comme l'activité humaine créatrice par excellence.
5645 mots (approx. 14.1 pages), 0 sources, 2007, 10,95 €
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Résumé On s'est longtemps refusé à appliquer cet adjectif «créateur» au domaine esthétique, justement à cause de sa connotation théologique : le paradigme de la création est réservé à la divinité. L'usage du terme finit par s'étendre et son application au domaine esthétique apparaît parallèlement au déclin de sa signification théologique.
C'est à cette condition seulement que l'artiste acquiert un véritable statut, et n'est plus seulement considéré comme celui qui mime, qui produit à nouveau ou qui représente.
I. L'art est créateur : les objets issus de l'activité créatrice, c'est-à-dire les œuvres d'art, ont un caractère «premier» : ils sont uniques et originaux
II. L'art peut être dit créateur en ce qu'il donne naissance à un monde qui a un fonctionnement propre et cohérent
III. L'œuvre d'art – la créature – se caractérise par une certaine autonomie vis-à-vis de son créateur et du monde, et semble avoir une vie propre
Extrait du document L'adjectif «créateur» a avant tout une origine et une connotation théologiques, et renvoie au paradigme biblique de la création ex nihilo : c'est la divinité qui est créatrice, en tant qu'elle tire quelque chose du néant, qu'elle a la capacité de transformer un vide, un rien, une absence en un phénomène, un monde. Mais qu'en est-il du domaine esthétique ? Est-il possible de comparer l'artiste, celui qui crée, à une divinité qui ferait surgir son œuvre du néant ? Est-ce en ce sens que l'on peut dire de l'art qu'il est créateur ? Ou bien la création artistique est-elle une activité humaine si particulière et si mystérieuse qu'elle renouvelle les critères qui définissent la création en général, voire qu'elle en définit de nouveaux ? Mais des philosophes contemporains, loin de toute perspective théologique, ont pourtant pu critiquer eux aussi l'application de cet adjectif au domaine de l'art, prétextant «qu'au niveau du déterminisme naturel et social, se croire créateur relèverait d'un illusion subjectiviste ou humaniste».
Ainsi l'association, que nous avons tendance à faire spontanément dans le langage courant, entre les termes «art» et «créateur» mérite donc une réflexion et une analyse précise.
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Résumé Les scènes 5 et 6 sont les dernières de l'acte V, c'est le dénouement. Celui-ci est-il heureux ? Évidemment non pour Don Juan qui trouve la mort, mais en tant que perpétuel provocateur, n'a-t-il pas lui-même provoqué ce châtiment par la poudre divine. Il se voit débarrassé d'une tentation satanique mais le spectateur peut trouver aussi absurde et mal venu la fin d'un héros si séduisant. Est-ce que ce dénouement remplit le tonnerre, détonne-t-il vraiment par rapport à l'ensemble de la pièce ?
I. La mort de Don Juan, une revanche pour toutes ses victimes, un soulagement pour toute la société
II. Le dénouement : aboutissement d'une logique dramatique ?
III. Don Juan et le mélange des registres
Extrait du document La scène est entièrement consacrée à l'ultime avertissement que reçoit Don Juan. Son inébranlable conviction matérialiste le pousse à mépriser la mise en garde du spectre et à franchir une nouvelle étape dans les défis. Dans les premières lignes de la scène 6, il rencontre le statut du commandeur, il y a échange de propos civil entre les deux adversaire, comique de situation. Puis ensuite, ce dialogue est suivi du châtiment céleste qui précipite Don Juan en enfer. Et en dernier lieu, Sganarelle brise l'atmosphère fantastique en disant «…».
(...) Le spectre fut successivement femme voilé puis allégorie du temps avec sa faux à la main. Le tonner «qui tombe avec un grand bruit et de grands éclairs» ont souvent été perçu comme de grands artifices. Pour les uns ils permettent à Molière de sauvegarder in extremis les règles de la morale et de la religion que selon eux, il bafoue. Pour d'autres il lui sert à conclure de façon fracassante une intrigue mal bâtit : Rochemont, critique de XVII ème siècle et considère que Molière est une machinerie pas trop voyante...
Dissertation autour d'une phrase de Giusto qui analyse dans quelle mesure et jusqu'où "le culte de la plaie" évoqué par Baudelaire peut être envisagé comme solution.
5900 mots (approx. 14.8 pages), 0 sources, 2009, 10,95 €
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Résumé Dissertation à partir de la citation de Jean Pierre Giusto au sujet des "Fleurs du mal" de Baudelaire : "Baudelaire n'a pas pu être le poète de la rupture. Il reste celui de la clôture, aussi fort que puisse s'exprimer son désir d'un ailleurs. Sous l'égide du cadre, son poème ne peut livrer que le miroir de son mal. L'écriture est un ensorcellement qui loin d'offrir une sortie joue sans cesse le jeu du même."
Cette dissertation analyse comment l'écriture en tant qu'ensorcellement, révèle au poète la cruauté de la condition humaine et de quelle manière celui-ci ne trouve un équilibre que dans l'auto-mutilation, unique semblant de rempart face à la conscience affolante de l'inutilité de sa liberté.
I. L'étude de la nécessité de la clôture
II. La mise en lumière des risques encourus
III. La dialectique de la fissure douloureuse
Extrait du document «L'albatros», «Elévation», «Parfum exotique» : toutes les Fleurs du mal sont ponctuées par le désir d'extériorité. Le mouvement d'expansion est partout, et le poète exprime sans cesse son «désir d'un ailleurs» par la description d'horizons infinis et nouveaux. Doit-on pour cela en déduire que Baudelaire est le poète de l'espace illimité ? Il semblerait que non : en effet le mouvement ascendant est sans cesse contrarié par un poids qui l'immobilise au sol. Dans «L'albatros», le poète se compare au «voyageur ailé» qui une fois au sol devient «gauche et veule», gêné par ses ailes immenses qui font pourtant la beauté de son vol. «Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l'empêchent de marcher». Handicapé par son talent, il se trouve condamné à vivre parmi les hommes qui ne le comprennent pas, alors que ce qui devrait lui permettre d'atteindre l'horizon le retient en pesant comme un poids. L'exhortation «d'élévation» : «envole toi bien loin de ses miasmes morbides ; va te purifier dans l'air supérieur, (…)» semble contrariée par la suite : «Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse / s'élancer vers les champs lumineux et sereins». Le poète désire l'envol mais n'y parvient pas totalement et retombe, évoquant son regret de ne pas être celui qui y parviendrait...
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Résumé Il est organisé en cinq sections : d'abord, le Spleen et l'Idéal : c'est la partie la plus importante, qui évoque la contradiction humaine, la double aspiration vers l'Idéal et l'Ennui. Elle prend une dimension métaphysique grâce à l'évocation du livre de Satan et du péché de l'Homme. La deuxième partie décrit des tableaux parisiens: c'est une plongée du poète dans l'univers de la ville pour échapper au Spleen. Les parties trois et quatre décrivent des paradis artificiels auxquels le poète a recours: ce sont le vin, les fleurs du mal, … La cinquième partie décrit une révolte, une immersion plus grande dans le gouffre. Enfin, la dernière partie évoque la mort; c'est de cette partie qu'est extrait le poème Le Voyage. L'univers baudelairien est formé de pôles qui s'attirent et se repoussent en 4000 mots. Il y existe deux mondes antithétiques, ce qui implique l'utilisation de synonymes et d'antonymes. Il y a également dans les poèmes de Baudelaire une synesthésie, c'est-à-dire une association insolite de sensations différentes. De plus, des correspondances se font jour: elles sont verticales ou horizontales et appréhendent une réalité cachée et supérieure. Le poème a une valeur symbolique évidente: c'est une synthèse de la vie et du recueil. Sa chute en est la mort. Mais dans le poème Le Voyage, comment passe-t-on du voyage, métaphore de l'existence, au voyage, métaphore de la mort ?
I. La peur de la mort
II. La voyage, métaphore positive de la mort
Extrait du document Tout le poème peut s'expliquer par la peur de la mort: le voyage est une métaphore de l'existence qui comprend également des allusions aux religions et au temps. Dans les quatre premières strophes, le voyage est effectivement métaphore de l'existence: le « voyage » y rime avec « image »: c'est une réflexion sur la représentation de la mort où « partir », « rester » se présentent comme deux manières d'y échapper.