"Le Bel Inconnu"de Renaut de Beaujeu, vers 4461 à 4691 Commentaire Composé

"Le Bel Inconnu"de Renaut de Beaujeu, vers 4461 à 4691
Commentaire composé portant sur les vers 4461 à 4691 de l'œuvre "Le Bel Inconnu" de Renaut de Beaujeu, passage révélateur de l'entreprise d'écriture de l'auteur intégrant et associant différents motifs narratifs.
№ 31447 | 4,940 mots | 0 sources | 2015 | FR
Publié le juil. 27, 2015 in Littérature , Linguistique
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Résumé:

Le Bel Inconnu est un roman entièrement construit dans une logique d'intertextualité. Comme beaucoup d'œuvres médiévales, ce texte est fondé sur une dynamique de réécriture des motifs littéraires de l'époque, notamment ceux arthuriens. Mais notre auteur, Renaut de Beaujeu, manifeste l'intention de mettre à mal les gestes d'écritures médiévaux. Il subvertit ses modèles, non pas en imposant de nouveaux motifs, mais en déformant les topiques littéraires habituelles, qu'il pousse à l'extrême. Ainsi un héros arthurien se retrouve étrangement partagé entre deux amours : Blanches-Mains et Blonde Esmérée, et de fait entre deux espaces : L'île d'Or et la Cité en Ruine. (...)
La composition du passage étudié semble se lier à la dynamique générale de construction référentielle : la fée qui pose un interdit que le chevalier va s'empresser de transgresser est un motif très productif dans les lais féeriques.

1. Les enchantements de la nuit sous la lumière de l'interdit et de la transgression...
2. ...puis en tant qu'exploitation courtoise de la magie
3. La question de la subjectivité

Extrait du document:

Cette pseudo-aventure entre en écho avec celle du gué périlleux tenté par des chevaliers tels que Lancelot ou, mieux encore, Gauvain. L'épisode concerné se trouve dans le Perlesvaus (le pont de l'aiguille). Le parallèle avec ce texte est intéressant, puisqu'il s'agit dans les deux cas d'une illusion. Gauvain la surmonte par sa bravoure, et de ce fait, l'illusion s'estompe. Guinglain, quant à lui, ne parvient pas à interrompre l'enchantement. Plus que le décalage ridicule entre la réalité et l'enchantement que subit Guinglain, le comique semble résider dans la décontenance du héros, sentiment très rare dans les romans arthuriens, où le chevalier se doit d'être toujours valeureux, et ne se risque pas à paraître ridicule en public. L'exemple de Gauvain qui refuse de monter dans la charrette l'illustre bien.

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