"Pantagruel" de François Rabelais - chapitre XXXII Commentaire Composé

"Pantagruel" de François Rabelais - chapitre XXXII
Commentaire composé sur le chapitre XXXII de "Pantagruel" de Rabelais portant sur le relativisme culturel. (pdf)
№ 29612 | 5,230 mots | 0 sources | 2013 | FR
Publié le avr. 29, 2013 in Littérature , Philosophie
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Résumé:

Un récit fictionnel au sein duquel se mêlent possibles et imaginaire, réalité et démesure n'est sans doute pas destinée à des récepteurs conservateurs opposés à une œuvre novatrice et curieuse des autres civilisations: ainsi, dès 1532, Rabelais entreprend une vaste épopée burlesque dont le premier volume, Pantagruel, paru à la foire de Lyon sous le titre Pantagruel roy des Dipsodes, par maistre Alcofrybas Nasier , a par son côté apparent puéril et grossier attiré les foudres « sorbonicques ». En effet, le Chapitre XXXII, intitulé « Comment Pantagruel de sa langue couvrit toute une armée, et de ce que l'auteur veit dedans sa bouche », raconte comment Pantagruel protège d'une pluie diluvienne toute une armée en la cachant sous sa langue tirée, et permet au narrateur Alcofrybas Nasier – anagramme de François Rabelais- de narrer son aventure personnelle non plus en tant qu'observateur comme il l'était dans les chapitres précédents mais en tant qu'expérimentateur d'un voyage dans la bouche de son maître.

1. Rabelais, qui en apparences aime conter pour le seul plaisir de
conter, se sert de son oeuvre et de son imagination pour poser un regard objectif sur la
découverte d'un nouveau monde, pourtant banalisé aux yeux du narrateur
2. Cette découverte pose très vite les jalons et les limites d'un vrai relativisme culturel que l'esprit indépendant de Rabelais se plaît à commenter
3. Par quels moyens Rabelais, à travers l'utilisation du rire dans diverses formes –notamment celle du rabaissement- instaure-t-il un véritable climat de comparaison entre deux mondes et dédramatise une situation délicate qui bien souvent au XVIème siècle posait questions au
sein d'une Europe qui a connu de nombreuses découvertes géographiques et culturelles

Extrait du document:

L'imagination de Rabelais est illustrée par Alcofrybas Nasier qui se rend au plus près d'une humanité simplifiée et agrandie. Le grossissement du corps voulu par Rabelais trouve sa démesure révélée dans le chapitre XXXII puisque, rappelons-le, Pantagruel (plus précisément sa bouche) est l'entrée vers un véritable monde dans la vie s'est recréée et réorganisée en société comme le montrent la présence des villes « Laryngues », « Pharingues », « Aspharage » (du grec « arrière-gorge ») ou encore « une petite bourgade ». Le géant est source vivante de démesure que le narrateur se plaît à observer, attiré par ce qui est curieux et rare. En entrant dans cette bouche, Alcofrybas s'expose à la profusion et la surabondance, à une population organisée en sociétés. Cette partie du corps semble être source d'une exagération positive, terrain propice à l'hyperbolisation que Rabelais alimente: la bouche de Pantagruel est source d'une vie autonome car elle écarte le reste du corps de Pantagruel, son simple support et devient le terrain à part entière de l'aventure du narrateur.

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