"Voyage au bout de la nuit" de Louis Ferdinand Céline Commentaire Composé by hodler

"Voyage au bout de la nuit" de Louis Ferdinand Céline
Commentaire portant sur l'extrait relatif à la mort de Robinson qui pose la question de savoir quelle est la portée romanesque et symbolique de cet épisode et quel ton donne-t-il à l'épilogue du roman de Céline.
№ 5522 | 2,320 mots | 0 sources | 2008
Publié le mai 06, 2008 in Littérature
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Résumé:

Dans la thématique de l’errance et du parcours initiatique de personnage, le passage de la mort de Robinson fait office d'ultime étape dans le cheminement du héros sans but ni fin. C'est un évènement aux multiples aspects, et dont les signes prémonitoires sont très précisément évoqués avec toute la scène de dispute entre Madelon et Robinson s'achevant par les 3 coups de révolver que Madelon tire sur son amant. Evénement qui clôture le roman, c'est à la fois le dernier rebondissement dans l'intrigue d'un point de vue traditionnellement romanesque mais aussi l'apogée de l'expression de l'absurdité pessimiste de Céline dans le roman.


I. La mort de Robinson : l'étape finale dans l'apprentissage

1. Vision subjective de la mort «a mon avis, etc»
2. La violence du langage: Robinson, la figure grotesque
3. Lâcheté et compassion du narrateur

II. La prise de conscience métaphysique

1. Le narrateur moraliste, passage du particulier au général
2. L'absurdité de la condition humaine
3. Impossible échappatoire de l'homme face à la mort

III. La fin du voyage symbolique

1. La mort comme ultime voyage
2. La mort comme la fuite
3. La solitude et le silence amenés par la fin

Extrait du document:

C'est encore ici par la pénétration dans la conscience subjective du narrateur que le lecteur perçoit l'évènement. Le refus de toute tentative de perception des «choses en soi» fait que tout le passage racontant la mort de Robinson n'est en réalité que la narration du rapport de Bardamu avec la mort de Robinson, c'est la vision de la mort par Bardamu et ce qui en découle pour lui dans une relation entre les deux qui ne s'intéresse qu'à la façon dont Bardamu perçoit cet évènement. En effet, c'est même a outrance que Bardamu dévoile sa façon d'appréhender le spectacle puisqu'il se projette dans la situation de Robinson : «si j'avais été a sa place à Léon»... Bardamu ramène donc tout aspect de cette agonie à lui. Il y a de plus avec ce paragraphe une sortie fictive de la situation, une légère dérive qui remet le narrateur-personnage au centre non seulement de la narration mais aussi de l'action. Puis le narrateur personnage décrit la scène présente : «il geignait» mais il mêle toujours a sa description ses impressions personnelles, métaphores, termes et images qui lui sont propres : «que c'était comme s'il avait pleuré avec toute sa figure», «c'était comme une espèce de calme».
Ce sont aussi ses sentiments à lui qui sont exprimés, ou bien Bardamu s'attache clairement à exprimer le lien entre le mourant et lui a cet instant, «il devait chercher un autre Ferdinand, bien plus grand que moi». Il s'agit donc d'emblée, une fois de plus, d'un passage qui s'inscrit dans le projet du roman de raconter un cheminement personnel et de livrer par intermédiaire du «je», une initiation propre.

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