Discours de Gambetta du 21 juin 1880 Commentaire de Texte

Discours de Gambetta du 21 juin 1880
Commentaire du discours de Gambetta du 21 juin 1880 qui cherche à savoir de quelle manière ce dernier défend l'amnistie des Communards.
№ 22889 | 1,885 mots | 0 sources | 2007
Publié le févr. 28, 2011 in Histoire , Sciences Politiques
6,95 $US Acheter et télécharger immédiatement ce document



Résumé:

L'amnistie des Communards était un sujet très controversé à la suite de la Commune de Paris et de sa répression. Le texte en présence est un extrait du discours de Léon Gambetta prononcé à la Chambre de députés le 21 juin 1880. A la suite de la Commune de Paris, entre 1871 et 1876, les tribunaux militaires avaient condamnés 13 450 communards notamment à des travaux forcés et des déportations. Dès que la majorité des républicains à la Chambre des députés fut acquise en 1876, la question de l'amnistie est posée à nouveau. Gambetta et d'autres républicains modérés, hostiles aux idéaux de progrès social et démocratique s'y opposent. Raspail amène une proposition en faveur de l'amnistie qui est aussi rejetée par la Chambre. A la fin de l'année 1876, 48 condamnées furent cependant graciés mais non amnistiés. Le renouvellement du tiers du Sénat le 5 janvier 1879, entraîne de nouveau une majorité républicaine. Mac-Mahon démissionne et est remplacé par Jules Grévy. C'est alors que 2 245 condamnés sont à nouveau graciés le 30 janvier 1879. Ces grâces n'effacent cependant pas la condamnation et n'ont donc pas la même valeur que l'amnistie. La loi du 3 mars 1879 accorde à tous les condamnés ou libérés dans les trois mois suivant la promulgation de ce texte l'amnistie. Ainsi, 3 300 condamnés sont amnistiés. Ce mouvement en faveur de l'amnistie totale s'amplifie : elle est voulue par le Conseil général de la Seine. L'élection est cependant annulé. A la suite de l'élection du communard amnistié Trinquet à Paris et de Blanqui à Lyon, Gambetta propose en juin l'amnistie générale qu'il avait rejetée six mois plus tôt.
Pour ce faire , on étudiera l'amnistie comme moyen de pardonner individuellement, puis celle-ci comme moyen de paix collective.

Extrait du document:

Gambetta expose le fait que si le vote de l'amnistie est repoussé jusqu'aux élections législatives de 1881, le peuple aura alors peur du retour de ces hommes, les Communards. Ils seront vus comme des « hommes chargés de crimes, couverts de sang, altérés de vengeance » (l. 23 et 24) puisque l'amnistie n'aura pas permis le pardon ni l'oubli. De plus, le pardon accordé aux Communards sera vu comme « un complot, une sédition » (l. 22 et 23). En effet le peuple pourra voir là une manœuvre habile de la Chambre afin de gagner des votes à la veille d'élections. Si donc, cette amnistie est votée dès aujourd'hui, il en sera alors « comme des prédictions sinistres qu'on faisait du retour des Chambres à Paris » (l. 25 et 26) qui fut décidé par l'article 2 de la loi du 22 juillet 1879 et dont Gambetta avait déjà vanté les avantages de la façon suivante : « désormais débarrassés de fatigants et quotidiens voyages, nous pourrons rendre en travail au pays les heures stérilement dépensées dans nos précédentes sessions ».

Commentaires