"Discours de la servitude volontaire" d'Etienne de La Boétie Commentaire de Texte

"Discours de la servitude volontaire" d'Etienne de La Boétie
Commentaire du texte de La Boétie, dans lequel il expose la thèse selon laquelle ne peut être soumis à la servitude qu'un homme qui en accepte le joug.
№ 3744 | 1,770 mots | 0 sources | 2005
Publié le févr. 24, 2008 in Littérature , Philosophie , Sciences Politiques
6,95 $US Acheter et télécharger immédiatement ce document



Résumé:

"Le Discours de la servitude volontaire" est écrit en 1548, par un jeune auteur français de 18 ans du nom d’Etienne de la Boétie (1530-1563).
Il tente d'y expliquer les rouages et les mécanismes de la tyrannie ou comment un peuple se laisse contrôler, assujettir, aliéner par un seul homme dont il accepte le joug. Le Discours sera considéré comme un pamphlet contre la monarchie et réimprimé en 1789, en 1835 puis à Bruxelles en 1857 contre Napoléon III.
La Boétie tente d'expliquer les structures du pouvoir à l'intention du peuple, ainsi que les rapports maître/esclave, qui de tous temps ont été une constante des sociétés humaines.
La Boétie va alors soulever la question de la «servitude volontaire» et s’interroger sur l’aberration qui conduit un être, né libre par nature, à se soumettre au joug du pouvoir : «c’est le peuple qui s’asservit, qui se coupe la gorge».
La servitude est contre-nature alors pourquoi chacun l’accepte ?
Cette étude tente dans un premier temps, de dégager le postulat selon lequel la liberté est naturelle et la servitude ne peut découler de celle-ci. Puis, elle met en évidence le fait que c’est l’habitude qui favorise la tyrannie. Par la suite, elle tente de dégager les principaux instruments dont use la tyrannie afin de garder «la masse» sous son joug.

Extrait du document:

La Boétie considère que la liberté est un droit naturel inné à l’homme, que celui-ci possède dès sa naissance. Chacun est sujet à son unique raison, il en découle que la servitude n’est donc pas considérée comme naturelle. Il met ceci en évidence par une comparaison avec les bêtes domestiques qui ne se plient pas directement à l’emprise des hommes : la servitude serait comme «biologiquement» contraire à l’homme.
C’est bien d’abord la tyrannie comme pathologie politique qui affecte la vie des individus et les séparent d’eux-mêmes, en les séparant les uns des autres, point sur lequel insiste La Boétie. Il n’en demeure pas moins que La Boétie reste conscient qu’il existe des inégalités par nature : il y a des forts, des faibles, des agiles, des maladroits, etc. Il va conclure alors à la nécessité de l’entraide et donc d’une communauté humaine réglée sur le partage des compétences pour le bienfait de tous. Ce type de communauté ne peut être selon lui génératrice de la servitude, car les hommes seraient tous comme «des frères». Cette définition du «vivre ensemble» marque bien l’originalité de La Boétie, car rares sont les philosophes par la suite qui vont analyser ces inégalités entre les hommes comme la source d’une communauté solidaire.

Commentaires