"Effets de nuit" de Verlaine Commentaire de Texte by lyra

"Effets de nuit" de Verlaine
Commentaire composé du poème "Effet de nuit" extrait du recueil "Les poèmes saturniens" qui analyse quel effet veut produire Verlaine dans cette «eau-forte».
№ 7545 | 1,755 mots | 0 sources | 2007
Publié le juil. 30, 2008 in Littérature
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Résumé:

Dans l’Epilogue dans "Poèmes saturniens", Verlaine écrit une véritable profession de foi parnassienne, privilégiant le travail de la rime, les thèmes descriptifs, la métaphore de la sculpture pour la poésie, le refus de l’inspiration et des thèmes amoureux (credo du romantisme). La deuxième section de son recueil est peut-être celle des six sections qui se rapproche le plus de cet idéal parnassien, même si d’autres poèmes, comme La Mort de Philipe II, en participent aussi. Le poème « Effet de nuit » est un des plus remarquables de cette veine picturale, la puissance de l’effet visuel, tout traversé de connotations affectives, venant remplacer le traditionnel lyrisme poétique. De fait, ce poème orienté vers son « effet », comme l’annonce le titre, privilégie les scènes très visuelles, les tableaux forts et souvent effrayants. Verlaine assure son « effet » grâce aux registres fantastique, lugubre ou pathétique.

I. Une nuit sinistre
1. L’atmosphère inquiétante : mauvais temps, lumières crues, formes acérées
2. Une ville de contes fantastiques : gothique médiéval ou des romans gothiques ?
3. Des sonorités «déchiquetées» : phrases brèves, [i], [è], [ou], [l], [k], [t]

II. Le bal des pendus
1. Une vision morbide : surenchère dans l’horreur, le macabre, 4 détails en gradation
2. Une danse d’épouvante : humour noir ? ballet fantastique, très vieux
3. Des sons d’horreur : [p] et [b], [k], [d] -- [an], [a], [è]

III. Une nature effroyable
1. Des plantes à piquants : épine et houx ; « horreur » = hérissé en latin
2. Rareté des végétaux : une nature désolée, chaotique, sombre, « fuligineux fouillis »
3. Toujours sons heurtés : [k], [p], frisson du [s], brouillage du [f]

IV. Une scène de cauchemar
1. Trois malheureux qu’on traîne au supplice ? « Livides », « pieds nus », encadrés.
2. Des soldats inhumains
3. Un mouvement arrêté

Extrait du document:

Le tableau est nocturne, moment traditionnel du climat fantastique, mis en valeur par la phrase nominale très brève : « La nuit ». L’ambiance dominante est ce qui frappe au premier regard l’observateur de la gravure. Le climat inquiétant s’assombrit de pluie, dans une équivalence sonore qui unifie les sensations : « La nuit. La pluie. » On a ici une paronomase (effet de sonorité jouant sur le rapprochement de mots presque semblables à l’oreille) évocatrice d’un certain malaise. Le « ciel blafard » (d’une blancheur maladive) complète cette ambiance d’effroi, de même que les formes coupantes des toitures : « que déchiquette / De flèches et de tours à jours la silhouette… » La ville apparaît d’ailleurs à peine, « éteinte au lointain gris », effet de tons moyens, dégradés de gris, qui connotent la tristesse (« teinte » peut être un euphémisme pour « morte »).

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