"L'islam et les fondements du pouvoir" de Abd El-Raziq Commentaire de Texte by historicus

"L'islam et les fondements du pouvoir" de Abd El-Raziq
Commentaire de l'œuvre du philosophe Ali Abd El-Razi sur le califat, parue en 1925. L'auteur souligne que religion et Etat sont deux domaines séparés.
№ 3443 | 5,220 mots | 5 sources | 2008
Publié le févr. 13, 2008 in Philosophie , Sciences Politiques , Religion , Théologie
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Résumé:

Dans ce traité, Ali Abd El-Razi part du constat que l’origine des pouvoirs du calife est obscure. Il s’attache à montrer que la mission prophétique étant strictement religieuse, le califat est nécessairement une institution politique inapte à gouverner au nom de la religion et doit être remplacé par un nouveau système de gouvernement basé sur l’expérience et la raison humaine. Cette démonstration empreinte de réformisme salafiste s’inscrit dans l’expérience libérale que connaît l’Egypte dans les années 1920.

I/ Une incapacité des sciences politiques à éclairer l’origine controversée des pouvoirs du calife…

A) L’origine controversée des pouvoirs du calife
B) Des sciences politiques susceptibles de remettre en cause la légitimité des califes à gouverner

II/ …Qui pousse Ali Abd El-Raziq à s’interroger sur « l’exacte nature de la mission du prophète » (l. 50) en suivant une démonstration quasi géométrique…

A) Une démonstration quasi géométrique au service de la recherche d’une « vérité » (l. 200) absolue et salvatrice
B) La mission du prophète : une mission de nature religieuse qui exclu de fait la constitution d’un Etat

III/ …Pour montrer que le califat est une institution politique plus qu’une fonction religieuse et que par conséquent Etat et religion sont deux domaines séparés

A) D’un « pouvoir laïque » (l. 180) à une « autorité religieuse »
B) Le califat : une institution « entièrement étrangère » (l. 201) à la religion
C) Une remise en cause globale du système de gouvernement islamique dont le calife est la clef de voûte et l’appel à l’édification d’un système de gouvernement plus réaliste





Extrait du document:

« Pour la première fois dans l’histoire de la pensée politique en islam, on défendait l’idée que le califat est plus une institution empirique, imposée par des nécessités sociales changeantes, qu’une fonction religieuse dûment définie par des textes sacrés ». C’est en ces termes que le philosophe et historien de l’islam Mohammed Arkoun (1928- ) (1986) souligne la nouveauté de l’œuvre d’Ali Abd El-Raziq : L’islam et les fondements du pouvoir paru en 1925.
La principale qualité de l’auteur, celle qui donne autorité à son ouvrage, est celle d’être un ‘alim et un cadi formé à l’université Al-Azhar. Né à Abou Jirj (Moyenne Egypte) en 1888 dans une famille de notables provinciaux, il entame et poursuit jusqu’à son bout une carrière classique de lettré traditionnel. Il portait donc le titre de cheikh al-Azhar, qui faisait de lui un membre du corps des théologiens-juristes en charge de défendre l’orthodoxie et l’ordre social islamiques. Il est issu des mêmes rangs que les « docteurs de la foi », soit en quelque sorte un « porte parole » autorisé de l’institution juridico-théologique de l’islam. Néanmoins en même temps qu’il recevait la formation traditionnelle dispensée par l’université Al-Azhar, il fréquentait déjà la nouvelle université égyptienne récemment créée et entrait en contact, à travers quelques orientalistes qui y enseignaient, avec les idées et approches occidentales.

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