"Le rire" de Bergson - Chapitre 3 Commentaire de Texte by Sucrette

"Le rire" de Bergson - Chapitre 3
Commentaire qui analyse si l'homme a raison de se prétendre « maître de lui comme de l’univers » ou si ce n'est qu'illusion.
№ 4789 | 1,715 mots | 0 sources | 2008
Publié le mars 30, 2008 in Littérature , Philosophie , Arts
6,95 $US Acheter et télécharger immédiatement ce document



Résumé:

En montrant combien nos sens et notre conscience sont liés à notre comportement dans le quotidien, Bergson n’a aucun mal à faire admettre que les informations qu’ils nous fournissent sont incomplètes et simplistes relativement à la complexité du réel. Ce qui ne signifie pas, l’impuissance totale de l’homme à éprouver la richesse du réel, puisque les artistes nous fourniraient l’occasion de la découvrir par des voies heureusement délivrées des besoins de l’action.
Reste à savoir si une opposition aussi tranchée entre le quotidien et les productions de l’art ne considère pas celles-ci trop indépendamment de leur histoire : il est sans doute plus facile d’admettre que les sens et la conscience, en tout temps et en tout lieu, sont ainsi liés à l’action que de considérer que les œuvres d’art obéissent inlassablement et partout au même projet.

1. Que signifie, dans le quotidien, vivre pour un individu ?

2. L’efficacité dans l’action ne se gagne qu’au prix d’une certaine illusion

3. Dans le quotidien, c’est bien l’efficacité qui prime

Extrait du document:

Ce que nous savons déborde donc de ce que nous avons besoin. Il s’ensuit que l’ensemble des informations fournies par mes sens et ma conscience est évidemment plus vaste que ce que l’en utilise pour chaque action. Cet ensemble constitue en quelque sorte un savoir ou une connaissance « en réserve », dont on ne se trouve « actualisé », pour répondre à chaque situation, qu’un « fragment ». S’il en allait pas ainsi, toute situation un peu nouvelle me dérouterait totalement : le fait d’y répondre suppose au contraire une capacité à agir « de nouveau », qui dépend de la totalité des relations déjà acquises. Mais répondre au nouveau, c’est en quelque sorte le ramener à du connu, en supprimant ce qu’il y a de singulier pour n’y reconnaître que ce qu’il y a de commun avec ce qu’il a déjà été vécu. Si d’un côté on peut admettre la présence de connaissances implicites, il n’en reste pas moins que toute action y détermine une sélection.
C’est aussi parce que le sujet pt s’illusionner, au moment même de son action : « je regarde et je crois voir, j’écoute et je crois entendre » Bergson souligne l’illusion dont je suis fréquemment victime. Regardant tel objet qui m’est utile et croyant voir le tout, écoutant tel discours et croyant entendre le fond dont il se détache, m’étudiant dans une situation donnée et croyant me connaître en profondeur et intégralement, je suis dans l’illusion.
Le principe d’utilité révèle ainsi un envers quelque peu négatif, lorsqu’on passe de l’efficacité dans l’action à un critère tout autre, qui concernerait la qualité de ma relation au réel. Ce dernier, dans sa totalité, m’échappe parce qu’il ne me concerne jamais en tant que tel : ce qui me concerne c’est tel ou tel aspect de cette totalité, et c’est bien parce que : « mes sens et ma conscience ne me livrent de la réalité qu’une simplification pratique », c’est à dire liée à l’action.

Commentaires