"Nouveaux essais sur l'entendement humain" de Leibniz Commentaire de Texte by Jane

"Nouveaux essais sur l'entendement humain" de Leibniz
Commentaire portant sur le début de cet ouvrage dans lequel Leibniz fait une présentation générale de son système et vante le caractère de synthèse de toute la philosophie occidentale.
№ 5552 | 2,630 mots | 0 sources | 2008
Publié le mai 07, 2008 in Philosophie
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Résumé:

Dans ce texte d'introduction, Leibniz fait une sorte d'annonce programmatique de son système, qu'il se propose de faire découvrir dans cet ouvrage.
Derrière un aspect très publicitaire, on retrouve des thèses essentielles de Leibniz, sur des sujets cruciaux -l'union de l'âme et du corps, l'immortalité, le principe de continuité, la transcendance de la Substance primitive.
Sans procéder à aucune démonstration philosophique, Leibniz s'attache à présenter ses thèses comme synthétisant et dépassant toutes celles de ses prédécesseurs, mettant ainsi l'accent sur la valeur et la fécondité de son système, tout en insistant sur sa cohérence.

Extrait du document:

La première phrase est incontestablement destinée à créer un effet de surprise et d'attente. Les conceptions philosophiques les plus éloignées, et même les plus opposées, se trouvent rendues compatibles grâce à la découverte de ce système nouveau. Pour le lecteur des Nouveaux Essais, supposé plus savant que le lecteur des Essais de Théodicée, aucune philosophie n'a jamais concilié l'atomisme de Démocrite et la théorie platonicienne des Idées. Quant à Aristote et Descartes, ils s'opposent radicalement, à commencer par la distinction réelle de l'âme et du corps qu'on trouve chez Descartes, à l'inverse d'Aristote qui hérite de la conception platonicienne de l'âme divisée en trois partie, dont la plus basse serait en charge de l'animation du corps. L'alliance des contraires est encore plus évidente avec la conciliation des scolastiques et des modernes, qui divergent essentiellement sur la question de la nature et des pouvoirs de la raison. Enfin, l'alliance de la théologie et de la morale avec la raison, qui fait écho au discours de la conformité de la foi avec la raison dans les Essais de Théodicée, va elle aussi à l'encontre d'une opposition radicale, traditionnelle et commune, en quelque sorte incarnée par le fidéiste P. Bayle. Le propos est très général et n'entre aucunement dans le détail, il ne dit pas tout de suite le principe supérieur qui permet l'alliance de ces systèmes les plus divergents. Nous sommes donc amenés à considérer d'emblée, avant même l'ébauche d'un examen quelconque, la supériorité de ce système nouveau. D'emblée, l'accent est mis sur la hauteur de vue qu'il permet d'atteindre. De fait, seule une compréhension incomparablement supérieure de la rationalité du réel semble pouvoir venir légitimer cette prétention à une telle hauteur de vue, capable de réconcilier tous ces opposés. Mais pour l'heure, le mystère reste entier.

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