"Chroniques de Babel", Roger Caillois Dissertation

"Chroniques de Babel", Roger Caillois
Dissertation qui s'intéresse au processus de l'écriture à travers une citation de Roger Caillois dans "Chroniques de Babel".
№ 20141 | 4,030 mots | 1 source | 2009
Publié le sept. 26, 2010 in Littérature , Philosophie
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Résumé:

Le critique littéraire estime que l'écrivain ¨sent au fond de l'homme la vilenie mieux installée que la noblesse. C'est pourquoi le souci de son art et de quelque obscure honnêteté concourt également à le détourner de peindre la vertu. Elle lui semble terne et trompeuse. Il aperçoit dans le désespoir plus de richesse que dans la sérénité, dans l'extravagance plus de poésie que dans la raison.¨ Ainsi, la nature humaine elle-même ne serait pas toute tempérance, sérénité et honnêteté, mais au contraire, apparait ici comme déchirée par des passions et ambigüe. C'est pourquoi, afin d'être conforme à la réalité, l'écrivain évite de représenter la vertu dans ses personnages, privilégiant l'aspect toujours désordonné et imparfait dans le caractère et les actions de ceux-ci ; mais de plus, les ¨mauvaises¨ qualités de l'homme, ses passions, ses défauts, ses échecs semblent être une matière bien plus propice à l'exploitation artistique et littéraire, offrant plus de profondeur, de poésie et de richesse que la froide raison et une morale rigoureuse.

Extrait du document:

Qu'elle soit justifiée ou non par un objectif moral, la mise en scène de personnages moralement imparfaits, la description des passions violentes, du vice, des actions commandées par l'émotion et non par la raison, n'en constitue pas moins un danger pour un certain type de lecteur. Un lecteur inexpérimenté ou naïf, cherchant à tort dans l'œuvre littéraire une véritable leçon morale, une inspiration pour son mode de vie, un enseignement, risque de prendre comme une incitation à agir de la même manière que le personnage principal, les actions dépeintes dans un livre. C'est de ce danger précisément que prévient Pascal dans les Pensées : selon le penseur, le théâtre serait d'autant plus dangereux, qu'il s'efforce d'être honnête ; ses représentations touchent facilement les esprits, et elles sont de plus présentées comme conformes à la règle de la bienséance, ce qui amène les spectateurs à vouloir réaliser dans leur propre vie des passions ¨honnêtes¨ vues sur la scène.

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