En quoi l'organisation ecclésiastique de la chrétienté médiévale est-elle un prototype de l'Etat moderne ? Dissertation by L

En quoi l'organisation ecclésiastique de la chrétienté médiévale est-elle un prototype de l'Etat moderne ?
Dissertation qui cherche à savoir en quoi on peut dire que l'organisation de l'Eglise de la chrétienté médiévale préfigure la naissance de l'Etat moderne.
№ 25044 | 3,040 mots | 0 sources | 2011
Publié le juin 27, 2011 in Histoire , Sciences Politiques , Religion
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Résumé:

L'Etat en tant que concept n'apparaît qu'avec Hobbes au XVII, mais on ne peut pas comprendre l'Europe sans référence à ce qu'a été le modèle de l'empire romain. Le monde se conçoit à l'époque de l'empire romain sous la forme d'une ellipse à deux pôles. L'ellipse marque l'espace de l'empire, et les deux pôles marquent les deux pouvoirs qui vont coexister dans l'empire, et dont les relations vont marquer tout le premier millénaire : la question de qui détient l'autorité se pose, notamment à partir de 312 quand l'empereur romain Constantin se convertit au catholicisme. Le moment est capital pour la théologie politique. Quelles seront dès lors les relations entre cet empereur chrétien et le pape ? Jusqu'à la fin de l'empire romain, le modèle théologico-politique qui prévaut c'est le modèle eusébien, du nom d'Eusèbe, conseiller de Constantin qui a forgé une vision politique où l'impérium, le pouvoir politique, est englobant, et où le sacerdoce est englobé : l'empereur va se présenter comme celui qui gouverne, sur l'ordre de Dieu, l'empire. Il est à la fois le maitre politique de l'Empire, mais également « le souverain pontife ». Mais ce modèle ne peut fonctionner que si le politique garde le pouvoir. Avec le sac de Rome par les barbares, et la coupure de l'empire en deux, surgissent des peuples, autant d'émergences de préfigurations de nations, qui se disputent l'ancien territoire de l'empire. L'Eglise, organisée (diocèses, évêques), va apparaître face aux invasions comme la seule institution capable de défendre les populations face aux royaumes barbares. C'est d'autant plus simple que l'Eglise va se doter d'une organisation administrative, qui va se calquer sur ce qu'étaient les structures de l'empire romain. Dans ce contexte apparaît le modèle gélasien, du nom de Gélase, pape à la fin du V siècle, qui va formaliser le modèle de l'Eglise englobante par rapport à l'empire ou au royaume, englobés. Le modèle gélasien prévaudra jusqu'à la Renaissance, il sera le modèle de toute la chrétienté médiévale.
Dans une première partie, on verra que l'ordre ecclésiastique plonge ses racines, tout comme l'Etat moderne, dans une volonté de limiter et de réguler la violence. Dans une deuxième partie, on développera la querelle entre le pape et les souverains civils, qui débouchera sur une affirmation du pouvoir pontifical. Enfin, Grégoire VII avec sa grande réforme, dotera l'Eglise d'institutions qui en feront le prototype de l'Etat moderne.

Extrait du document:

Le pape Grégoire VII, inquiet de la menace que court l'Eglise avec l'apparition des pouvoirs civils, cherche à maintenir l'idée d'une Eglise englobante inscrite dans la théorie gélasienne. Dans le contexte d'une contestation de plus en plus vive de l'autorité du pape, renaît le débat relatif à la division autorité/pouvoir, et notamment la question de l'étendue du pouvoir spirituel. Une affaire célèbre, qui est la fameuse querelle des investitures, va opposer Grégoire VII à l'empereur allemand Henri IV, et contribuera à asseoir de manière durable l'autorité du pape. Henri IV, pour marquer son pouvoir dans l'empire germanique, s'octroie le pouvoir de nommer lui même ses évêques, défiant ainsi l'autorité du pape, qui le rappelle à l'ordre. Devant l'affront du refus, Grégoire VII excommunie Henri IV et le dépose.

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