Est-il pertinent de parler de « sciences » humaines ? Dissertation by bertille89

Est-il pertinent de parler de « sciences » humaines ?
Dissertation traitant de la pertinence de l'emploi du terme de "sciences humaines" et se demandant si l'homme est un objet comme les autres, qui doit lui aussi pouvoir être connu scientifiquement, comme on connaît les phénomènes naturels.
№ 19370 | 3,240 mots | 3 sources | 2009
Publié le août 30, 2010 in Philosophie
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Résumé:

Le terme de « sciences humaines » pour désigner la psychologie, l'histoire, la sociologie, l'économie politique etc. est d'un usage assez récent. Autrefois, au XIXème siècle, on employait plutôt l'expression de « sciences morales ». Le terme « morales » mettait l'accent sur le caractère distinct de l'esprit humain par rapport à l'ordre de la nature, il insistait sur une dignité supérieure attachée à l'homme. Le terme de « sciences de l'esprit » a aussi été employé en référence à l'œuvre de Hegel. Mais désigner une science par la moralité de son objet semble assez étrange. Et surtout pas du tout scientifique. La science porte essentiellement sur des jugements de fait et non des jugements de valeur (avec toutes les nuances qu'il faut y apporter). Les considérations morales, en pratique, ne devraient pas avoir leur place dans une démarche d'investigation objective. La formule « sciences humaines » est conforme à cet esprit, elle est plus épurée. Mais elle a aussi un aspect inquiétant : elle sous-entend que l'homme est un objet comme les autres, qu'il doit lui aussi pouvoir être connu scientifiquement, comme on connaît les phénomènes naturels.


I. L'homme est-il un objet comme les autres qui peut-être connu scientifiquement comme on connaît les phénomènes de la nature ?
II. Peut-on imaginer une science de l'homme qui réintègrerait la question de la vie et du sens ?
III. Peut-on dire qu'il est d'autant plus pertinent de parler de sciences humaines qu'elles permettent une redécouverte d'un aspect de la science, perçue ici du côté du sujet qui la fonde, aspect qui a tendance à être oublié par les scientifiques comme le rappelle Husserl dans la Crisis

Extrait du document:

Cette constitution de la science de l'homme laisse cependant intacte le problème philosophique de savoir ce qu'est l'homme. Pourtant, loin de constituer un échec de la raison, cette incomplétude des sciences humaines désigne un espace offert, au cœur de la rationalité, à la révélation d'un sens. Aux notions classiques de causalité linéaire, intelligibilité complète, maîtrise, stabilité, mais aussi prédiction, les sciences humaines font place aux notions de sensibilité, d'instabilité, d'imprédictibilité.

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