"L'espace littéraire", Maurice Blanchot Dissertation

"L'espace littéraire", Maurice Blanchot
Dissertation qui s'intéresse à la conception de l'oeuvre littéraire à travers une citation de Maurice Blanchot tirée de "L'espace littéraire".
№ 20222 | 3,225 mots | 1 source | 2009
Publié le oct. 05, 2010 in Littérature , Philosophie
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Résumé:

Maurice Blanchot écrit : "L'œuvre est solitaire : cela na signifie pas qu'elle reste incommunicable, que le lecteur lui manque. Mais qui la lit entre dans cette affirmation de la solitude de l'œuvre, comme celui qui l'écrit appartient au risque de cette solitude." Il semble avant tout être nécessaire d'expliciter la thèse de Maurice Blanchot, en précisant le sens des notions employées et les conséquences que cette solitude essentielle entraine pour l'acte de l'écriture et celui de la lecture qui, confondus, créent l'œuvre même. Cependant, l'expression une fois interprétée soulève de nombreuses questions : l'œuvre littéraire, en effet, semble avoir pour fin principale de communiquer et donc, ne reste jamais repliée sur soi ; il ne peut y avoir d'étanchéité totale car tout texte se fonde sur des éléments connus par le lecteur. Il apparait ainsi que l'œuvre, établie sur des bases communes à l'auteur et au lecteur, requiert de ce dernier un travail d'interprétation, qui entraine qu'elle peut recevoir un infini de sens possibles : c'est ce néant, faisant que l'œuvre n'a pas de sens, voire qu'elle n'existe même pas avant que d'être lue, qui est à la fois sa solitude et la cause de sa portée universelle et absolue.

Extrait du document:

Une communication entre l'auteur et le lecteur par l'intermédiaire d'un livre, qui n'est qu'un amas de mots, de phrases, d'images, n'est alors pas envisageable : le lecteur doit tenter de distinguer l'œuvre dans l'ensemble formé par des outils linguistiques et rhétoriques impersonnels. Il se heurte cependant lors de la lecture à cette solitude de l'œuvre, qui lui résiste et lui échappe, car elle ne porte pas de sens extérieur à elle. Le travail du lecteur est ainsi comparé à une gymnastique par Marcel Proust dans Le Côté de Guermantes. La lecture ne va pas de soi, elle contrarie les attentes du lecteur, comme une structure qui obéit à ses lois et à ses logiques propres en allant à l'encontre de cet ¨horizon d'attente¨ que tout lecteur se crée en se donnant une interprétation d'une œuvre. Celui qui lit ne peut que se faire des idées du sens d'une œuvre : mais cette idée ne pourra jamais être prouvée vraie ou fausse. L'œuvre demeure anonyme et impersonnelle : mais le lecteur tentera toujours de se l'approprier en lui donnant un sens.

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