L'inconscient a-t-il un rôle primordial dans la construction de l'homme? Dissertation

L'inconscient a-t-il un rôle primordial dans la construction de l'homme?
Dissertation de philosophie qui s'interroge sur le rôle exact de l'inconscient dans le psychisme humain par rapport à celui de la conscience.
№ 9903 | 1,930 mots | 0 sources | 2008
Publié le janv. 26, 2009 in Philosophie , Psychologie
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Résumé:

Selon l'opinion générale, l'homme est a priori défini par sa conscience, constituant une spécificité humaine. Tout d'abord conscience de soi, c'est-à-dire la découverte de soi-même en tant qu'être pensant et agissant, mais aussi du monde extérieur. Mais au cours du dernier siècle, et de plus en plus ces dernières décennies, l'accent est mis sur le rôle que pourrait jouer notre inconscient, qui constitue la partie du psychique que l'on ne contrôle pas, inaccessible à la conscience, dans la construction de l'homme, sujet pensant et conscient de soi-même.
Ainsi, le problème posé est de montrer si la conscience et l'inconscient définissent tous les deux l'homme, ou si, au contraire, la conscience prédomine et censure l'inconscient, donc participe majoritairement à sa définition.

Extrait du document:

L'inconscient contribue à définir l'homme car il entre en interaction avec la raison. Cependant, nous ne pouvons insister exagérément sur l'importance de l'inconscient. L'homme n'est pas totalement et aveuglément livré à des pulsions qui lui échappent. La psychanalyse témoigne de l'importance décisive de la conscience. La psychanalyse est un effort conscient de prendre conscience des traumatismes anciens et refoulés qui se manifestent par des symptômes tels que les névroses. Ces traumatismes sont refoulés dans l'inconscient et se manifestent par des symptômes physiques. Le symptôme est donc le signe d'un traumatisme, il constitue le « langage » de ce refoulement. Lorsque le sujet arrive à prendre conscience du traumatisme, les symptômes disparaissent. Ce phénomène que l'on trouve lors d'une psychanalyse manifeste l'importance décisive de la conscience dans la constitution du sujet. Si l'inconscient peut être déterminant et influencer la partie consciente, la conscience reste l'instance décisive qui définit la spécificité de l'homme. Par la conscience, l'homme s'affirme pleinement, n'est pas emprisonné par un déterminisme inné. C'est l'idée que défend Alain, dans Éléments de philosophie. Il s'oppose à Freud en déclarant que ce qui définit l'homme, c'est avant tout sa volonté, ce qui est en contradiction avec la théorie freudienne selon laquelle l'homme n'est pas totalement libre mais déterminé par son enfance. Alain, quant à lui, concède à Freud que certaines choses sont inconscientes et obscures à l'homme, mais elles pourraient tout simplement constituer le corps : le terme « inconscient » serait donc exagéré, la psychanalyse aurait inventé « un personnage mythologique ». En outre, la dignité de l'homme passe par la maîtrise de son corps, de ses pensées, le refoulement ne peut donc exister : il assimile l'action de vouloir et celle de penser. L'inconscient ne peut donc pas définir l'homme, même en partie : le risque serait en plus de déresponsabiliser certains individus « victimes » de leur inconscient. Alain déclare en outre qu'une erreur de la théorie freudienne est de donner autant d'importance en premier lieu aux pulsions physiques, ce qui laisserait penser que le corps (et donc l'inconscient) domine. De même, il critique l'importance donnée à l'enfance, au déterminisme lié aux parents par Freud. Ces deux faits sont pour Alain des erreurs, qui vont à contresens de sa théorie selon laquelle le corps ne peut dominer, mais c'est plutôt la conscience.

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