« L'oeuvre d'art », selon Diderot Dissertation

« L'oeuvre d'art », selon Diderot
Dissertation se demandant si l'immoral renforce l'esthétique, et si les passions et le vice sont seules garants de la beauté, l'animation, l'intérêt d'une œuvre d'art comme l'affirme Diderot dans une lettre à Sophie Volland.
№ 26273 | 3,565 mots | 0 sources | 2011 | FR
Publié le sept. 18, 2011 in Arts Plastiques / Dessin , Philosophie , Arts
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Résumé:

Chaque œuvre d'art que nous aimons nous donne des bonheurs divers et parfois ambigus. Claes Oldenburg en 1961 donne en un long texte sa position sur l'art. Il s'agit d'une déclaration d'amour à tout ce qui peut donner à quelqu'un ne serait-ce qu'une ombre de sensation, d'émotion esthétique : « Je suis pour un art qui est politico-érotico-mystique/ … / Je suis pour un art qui imite l'humain […]/…/ Je suis pour l'art des ours en peluche, et des fusils, et des lapins décapités, des parapluies explosés […] ». Aucune œuvre n'est préférée, nul classement n'est plus possible alors. Lorsque l'artiste français Ben écrit « Tout est art », il pratique comme Oldenburg le fait, une stratégie de la confusion, pour lui, trois têtes humaines empruntée à la morgue (1968) ou vivre une quinzaine de jours dans une vitrine de galerie, ou exposer un chien mourant de faim jour après jour (musée d'art moderne) peuvent constituer des œuvres artistiques. Diderot met plus en avant, dans sa hiérarchie (car il y a en effet hiérarchie) ce qui touche au passionnel, aux affects, au vice. En effet il écrit « presque toujours ce qui nuit à la beauté morale redouble la beauté poétique. On ne fait guère que des tableaux tranquilles et froids avec la vertu : c'est la passion et le vice qui animent les compositions du peintre, du poète et du musicien ». Qu'est-ce à dire ?

Extrait du document:

Lorsque Diderot nous parle ici de « beauté morale », nous en venons à nous demander ce que signifie, à quoi se rapporte cette notion, cette idée de « beauté morale ». Nous disons bien souvent d'une action qu'elle est belle, par exemple le sacrifice d'Antigone pour le respect de la dépouille de son frère, c'est-à-dire pour le respect de la loi morale universelle. Mais cela semble relever d'une confusion car le beau est ce qui provoque en nous un sentiment de plénitude devant le spectacle d'apparences belles, notamment devant une œuvre d'art, c'est-à-dire devant une démarche artistique.

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