La raison peut-elle être mise au service du mal ? Dissertation

La raison peut-elle être mise au service du mal ?
Dissertation qui cherche à savoir si le mal peut avoir une justification rationnelle.
№ 25707 | 2,460 mots | 0 sources | 2011 | FR
Publié le août 03, 2011 in Littérature , Philosophie
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Résumé:

La subordination de la raison au mal semble à première vue surpre­nante : le sens commun tendrait plutôt à associer la raison aux images de la droiture, de la lumière, et de la sagesse.
De fait, Shakespeare, Rousseau et Giono s'accordent à montrer que le mal est, en son principe, fondamen­talement déraisonnable (annonce de la première partie). Il n'en demeure pas moins que la raison peut, dans une certaine mesure, se faire l'auxiliaire du mal (annonce de la deuxième partie). On montrera enfin comment, par certains aspects, la raison peut non seulement seconder le mal, mais aussi l'engendrer (annonce de la troisième partie).

Extrait du document:

La soumission de la raison aux passions n'est pas inévitable : elle est toujours le résultat d'un choix. C'est ce que rappelle fortement Rousseau : la Providence « ne veut point le mal que fait l'homme [...] ; mais elle ne l'empêche pas de le faire ». J'ai toujours la liberté de ne pas soumettre ma raison aux passions qui me rongent ; et si je la laisse s'incliner, c'est que je l'ai voulu. C'est d'ailleurs pour cela que « mon pire tourment quand je succombe est de sentir que j'ai pu résister » : j'ai beau tenter de me persuader que ce n'est pas ma faute, il y a toujours, à l'origine du mal, un consentement de la raison. Telle est d'ailleurs une des interprétations possibles du début de Mac­beth : les sorcières, loin d'exercer sur l'âme du héros une emprise relevant de la possession démoniaque, ne seraient que le prétexte commode et déculpabilisant (parce que surnaturel) d'une décision déjà prise. Macbeth ne serait donc pas le pantin des Sœurs Fatales, mais un criminel en puis­sance prompt à saisir la première occasion venue pour abdiquer librement toute rationalité. « Etoiles, cachez vos feux ! Que la lumière ne voie pas mes sombres et profonds désirs ! » (I, 4) : cette adresse au cosmos est une image de l'éclipsé volontaire que Macbeth fait subir à sa raison.

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