Les légistes royaux en France Dissertation by Luisap

Les légistes royaux en France
Dissertation qui cherche à savoir si les légistes royaux constituent vraiment une catégorie homogène, et quel a réellement été leur rôle en France à la fin du Moyen Age.
№ 24461 | 1,795 mots | 6 sources | 2011
Publié le mai 20, 2011 in Histoire , Droit
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Résumé:

A la fin du Moyen Age, la France connaît incontestablement un renforcement du pouvoir royal, la monarchie sortant en quelque sorte victorieuse des multiples luttes contre les grands seigneurs comme contre l'Eglise. Son emprise sur la société médiévale n'en est que plus forte, ce processus allant de pair avec une certaine rationalisation de l'organisation sociale, et l'apparition en conséquence de rôles administratifs et politiques distincts. Or, au cœur de cette différentiation, les juristes tiennent une place très importante. Alors qu'au XIe siècle, le système monarchique français semblait très bien s'en passer, le pouvoir royal ne se dispense à la fin du XVe siècle plus de la science de ceux que les historiens romantiques qualifieront ensuite de « légistes » (étymologiquement ceux qui étudient la « lex », c'est à dire le droit romain). Chronologiquement, beaucoup d'historiens du début du XXe siècle les traitent comme un élément spécifique du règne de Philippe le Bel, qui il faut bien en convenir fut leur triomphe et se doit donc sans doute d'être au cœur d'une étude sur cette « figure du légiste ». Toutefois il faut garder à l'esprit que l'utilisation des gradués en droit civil est bien antérieure à ce roi (Louis VII étant par exemple déjà conseillé par de grands juristes). Plus globalement donc, de part leur place dans l'entourage des derniers capétiens, les légistes deviennent selon Jacques Krynen de réels acteurs de la vie sociale, « au même titre que le marchand, le clerc ou le chevalier ».

I/ Des acteurs majeurs de la construction d'une forme de permanence et de stabilité
II/ Les légistes comme individus, et leur indépendance relative

Extrait du document:

Si l'on s'attache aux légistes au sens strict, la question la plus récurrente est sans doute celle de leur indépendance : ne sont-ils que les ouvriers de la politique du roi ? Force est tout d'abord de constater, à partir des analyses de Franklin J. Pegues, qu'ils ne sont presque jamais exclusivement au service du roi, mais aussi de grands barons (en tant que conseillers juridiques privés). Par ailleurs, et même si on ne regarde que le règne de Philippe le Bel, on remarque qu'il y eut des politiques différentes (par exemple Flote défend la royauté contre les empiétements de l'Eglise et Nogaret se fait défenseur de l'Eglise et de la royauté contre le pape), ce qui va contre l'idée selon laquelle ils n'ont aucune part dans l'élaboration de la politique. On pourrait certes argumenter que le roi choisit ses conseillers en fonction de la politique qu'il souhaite mener, mais au moins à partir de Philippe le Bel le Conseil existe bien comme institution déterminée ; qui siège sans que le roi l'appelle en particulier.

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