Les représentants sont-ils représentatifs ? Dissertation

Les représentants sont-ils représentatifs ?
Dissertation qui pose la question de la représentativité dans différents systèmes politiques.
№ 24773 | 2,195 mots | 5 sources | 2011
Publié le juin 05, 2011 in Histoire , Sciences Politiques
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Résumé:

« S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un régime si parfait ne convient à des hommes. » Cette affirmation nous provient de Rousseau(1). Par sa vision pessimiste des choses, il rejette l'idée d'une démocratie représentative soulignant le vice inhérent à l'homme. Pourtant, aujourd'hui, et depuis 1789, le principe de représentation est lié avec celui de démocratie : il n'est pas un régime démocratique dans le monde qui n'ait adopté le modèle représentatif. A la question : « qu'est-ce que représenter ? », Loïc Blondiaux nous répond ceci(2) : « Le représentant, en politique, a deux visages : il est celui qui incarne le représenté et celui qui agit en son nom. Dans les deux cas, s'il rend l'autre présent, c'est à condition de se substituer à lui. Dans les deux cas également, l'enjeu reste le même : il est celui de la « trahison », toujours possible, du représenté par le représentant. Il le trahit dès lors qu'il ne lui ressemble pas. Il le trahit également dès lors qu'il ne traduit pas correctement ses volontés. » La question de la représentation des idées semblent peut pertinente puisqu'il suffit d'observer l'écart entre le programme du candidat et sa mise en œuvre. On peut néanmoins se demander dans quelle mesure il existe une distorsion entre élus et électeurs sur le plan social.
Il est clair que l'accès à l'activité politique est inégal selon les groupes sociaux. On peut distinguer deux grandes périodes. La première court de 1789 jusqu'au dernier tiers du XIXe siècle. On y observe une surreprésentation de l'aristocratie à l'Assemblée, et une forte présence des notables dans les Assemblées, au Gouvernement, et dans la haute fonction publique (I). Par la suite, le critère de compétences offre aux professions libérales l'accès à l'Assemblée, alors l'essor de mouvement socialiste va permettre l'arrivée des représentants du monde ouvrier entrent à l'Assemblée en Angleterre, Allemagne, France (II). La deuxième ère est la deuxième moitié XXe avec le fait que la fonction politique intègre la société. On perçoit en outre, un déclin des classes populaires avec déclin du Parti Communiste. Se déclare alors une monopolisation des mandats par les classes supérieures de la société (III).

Extrait du document:

Stein Rokkan a distingué deux modèles d'extension du suffrage universel : le modèle anglais et l'émergence lente et progressive, et le modèle français plus chaotique caractérisé par une apparition plus abrupte. Cependant, le suffrage censitaire restreint au XVIIIe et XIX siècle l'accès de tous les citoyens au droit de vote. C'est au XIXe siècle, qu'on passe d'une relation clientéliste à un vote partisan avec l'émergence de la concurrence politique. On perçoit un lien très clair à l'époque entre l'origine sociale du député et son orientation politique : on ressent donc une représentativité accrue des élus. Les représentants des groupes sociaux dominés siègent alors massivement à gauche ou à l'extrême gauche : 77% d'entre eux siègent à gauche sous la IIIe. D'un autre côté, les représentants des groupes dominants se situent eux, pour 53%, à droite ou à l'extrême droite. Enfin pour la moyenne bourgeoisie, il y un partage suivant les professions à gauche ou à droite. C'est la liberté de candidature, l'émergence des partis, et cette concurrence politique, entre plusieurs idéologies qui va permettre ce phénomène.

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