"Nul homme n'est assez dénué de raison pour préférer la guerre à la paix" Hérodote Dissertation

"Nul homme n'est assez dénué de raison pour préférer la guerre à la paix" Hérodote
Dissertation montrant en quoi la guerre, si elle ne doit jamais être préférée pour elle-même, peut dans certaines situations, s'avérer l'ultime moyen de rétablir la paix.
№ 8127 | 3,900 mots | 0 sources | 2008
Publié le sept. 23, 2008 in Littérature , Philosophie , Sociologie
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Résumé:

Ce jugement d'Hérodote dont on sait qu'il était cher à Raymond Aron semble à première vue relever de l'évidence.
Toutefois, si un tel constat procède incontestablement d'une intention louable – faire de la guerre l'exception honteuse, de la paix la norme à défendre –, il n'est pas sûr qu'il soit possible d'en rester là. Si la maxime d'Hérodote ne faisait qu'énoncer une lapalissade, comment expliquer alors empiriquement l'incessante existence de conflits à travers le monde ?
Une chose est de condamner la guerre, une autre est de chercher à en comprendre les racines.
Cette étude montre que prendre en compte la réalité de la guerre ne conduit pas à considérer celle-ci comme une donnée irrémédiable ; c'est au contraire le seul moyen de l'encadrer et de limiter au mieux ses conséquences les plus dramatiques.

I. La guerre comme mal absolu

A) Le Léviathan ou la nécessité d'échapper à la guerre de tous contre tous (Hobbes)
B) La guerre désespère de l'humain (Gusdorf)
C) La guerre doit être bannie par la raison pratique (Kant)

II. La guerre comme nécessité inéluctable

A) La guerre, expression culturelle d'une violence humaine naturelle (Freud, Céline)
B) La guerre comme condition d'existence d'une nation (Que les princes doivent toujours se préparer à la guerre) (Machiavel, Thucydide, Frédéric Gros)
C) La guerre extérieure comme condition d'une paix intérieure (la guerre comme ciment patriotique) (Machiavel)

III. La guerre comme moyen ultime d'atteindre la paix

A) Dangers du réalisme, risques de l'idéalisme
B) L'ultime recours : la guerre comme moyen de rétablir la paix
C) Vers la fin de la guerre ? La construction d'une société internationale (Kant)

Extrait du document:

Si la guerre est en effet cet état de violence chaotique où la force se substitue au droit, on voit mal qui pourrait lui trouver plus d'avantages que la stabilité et la sécurité résultant d'une situation de paix. Dans une telle perspective, la guerre ne peut s'envisager qu'en tant que mal absolu : expression d'un reste d'animalité humaine, elle n'engendre que des désastres dont l'histoire a prouvé qu'ils pouvaient être d'une ampleur démesurée. Toute guerre rabaisse l'homme à n'être que l'instrument d'une brutalité injustifiable, elle doit donc être condamnée avec la plus grande fermeté. (...)
En effet, peut-être faut-il voir dans toute guerre l'expression inéluctable d'une violence humaine naturelle. Autrement dit, bien loin d'être un «animal politique», l'homme serait d'abord un être agressif spontanément enclin à user de la force pour parvenir à ses fins. Dès lors, si d'un point de vue purement théorique «nul homme n'est assez dénué de raison pour préférer la guerre à la paix», il n'en reste pas moins qu'une appréhension lucide de l'homme nous forcera à admettre en pratique le caractère inévitable de la guerre. Ainsi, tout état devra composer avec cette réalité, et se tenir prêt à en affronter l'éventualité s'il veut assurer son existence...

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