"Quelque chose noir" de Jacques Roubaud Dissertation by hikari

"Quelque chose noir" de Jacques Roubaud
Dissertation qui traite de la présence du lyrisme dans l'ouvrage de Roubaud, un lyrisme épuré, propre à lui, qui bouleverse les règles, en les refusant, au risque de fragiliser l’édifice poétique.
№ 4151 | 5,800 mots | 0 sources | 2008
Publié le mars 06, 2008 in Littérature , Philosophie
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Résumé:

La citation de J. Maulpoix «le travail de la poésie consiste à se rapprocher le plus près possible de l’inexprimable. Il fait mouvement dans la parole vers ce qui la tient en échec. Voir la mort implique que l’on dise et recompose la vie, en multipliant ses figures et ses détails. La finitude se vêt d’un corps mortel et se diffracte en sentiments, en images, en rythmes en paysages pour se faire entendre comme telle. La mort met le lyrisme au monde et celui-ci la conjure en lui prêtant sa voix», permet d’éclairer une facette de "Quelque chose noir", en précisant la nature poétique du recueil.
Dans "Quelque chose noir", le lyrisme propre à J. Roubaud conjure la mort en lui prêtant sa voix, l’attitude du lecteur reste soit dans l’admiration ou soit dans la répulsion face à une œuvre dont il ne peut entendre le chant que partiellement. Jacques Roubaud accomplit pour lui-même cette phrase de Saint-John Perse : «A la question toujours posée : pourquoi écrivez-vous ? la réponse du poète sera toujours la plus brève : Pour mieux vivre».

1. La poésie de Roubaud en tant que mis à mots de la mort

2. Les mots peuvent supplanter le travail poétique au profit de l’idée formelle de la mort

3. Le travail poétique comme une création propre à l’écrivain relevant d’un dialogue interne

Extrait du document:

Le lyrisme que construit J.Roubaud diffère de celui de ses prédécesseurs. Les romantiques, par exemple, replaçait le «je» dans l’espace en chantant l’exaltation de la nature ; Lamartine introduit le lac au cœur de sa passion amoureuse et de sa méditation sur la finitude de l’homme : il ne suffit pas seulement que lui les chante, il faut aussi que «Tout dise : ils ont aimés». En ce sens, son lyrisme tend à se faire sentir comme lyrisme auprès du lecteur. Dans Quelque chose noir, il n’y a rien de similaire, les paysages extérieurs sont dénués du charme d’un passé idéalisé, ils sont présents par leur description et ceci semble amplement suffisant aux yeux du poète. Le lyrisme y est ainsi une mélodie personnelle dont seul les deux amants en retiennent l’air. C’est notamment ce point qu’il s’agit de ne pas omettre : le lyrisme c’est aussi l’art du chant comportant une part d’extériorisation. Par conséquent la publication d’un recueil qui serait l’allégorie d’une conversation inter-monde prend sens. Etant donné qu’il s’agit de poésie, J.Roubaud ne peut se permettre de ne pas crier ses répliques, ceci explique sans doute aussi pourquoi le poète conseille à ses lecteurs de réciter ses poèmes à voix haute.

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