"Quelque chose noir" de Roubaud Dissertation by hippocrate

"Quelque chose noir" de Roubaud
Dissertation qui discute de la présence du lyrisme dans le poème de Jacques Roubaud.
№ 4271 | 2,750 mots | 0 sources | 2008
Publié le mars 11, 2008 in Littérature
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Résumé:

On peut lire le poème de Roubaud en y voyant une certaine forme de lyrisme, qui cependant est beaucoup plus implicite que ce que suggère le propos de M. Maulpoix.
Néanmoins, dans la manière (le mouvement vers le sens), il demeure que la technique de Roubaud est conforme à celle décrite par ce jugement ; elle se trouve cependant à un niveau de lecture différent de ce qui semble être avancé. N’oublions pas que Jean-Michel Maulpoix écrit dans un essai sur le lyrisme, il a donc une visée synthétique. A l’inverse, si l’on doit comprendre une forme de lyrisme chez Roubaud, celui-ci se placerait alors dans une perspective novatrice dont l’audace, en définitive, n’est pas exception parmi les mouvements littéraires auxquels il a appartenu, Oulipo en tête.
Revoir les fondements, tel pourrait être la devise de cette poésie qui se veut mémoire de la langue, dans la mesure où elle s’appuie sur les écrits du passé, tout en s’appliquant à les transformer, à les faire évoluer.

1. Absence de lyrisme classique dans Quelque cose noir

2. Roubaud crée son propre lyrisme

3. Par quoi se manifeste ce lyrisme ?

Extrait du document:

Selon le propos de M. Maulpoix, partant du constat que les mots bruts ne peuvent suffire à exprimer le sentiment profond qui découle du vécu, le poète s’en sert comme des outils pour y puiser un sens particulier : le sien. Or les mots qui sont les instruments d’un langage formalisé, conventionnel, contiennent nécessairement un découpage singulier de la réalité qui vient limiter et dans le même temps enclencher cette entreprise. Le mot, comme l’indique Henri Bergson est «étiquette sur les choses» ; ainsi le poète ne peut se contenter que de donner un mouvement, «vers» le sens mais est pour cela contraint d’utiliser ces étiquettes, en les disposant dans un certain ordre, créant une esthétique. Cette lecture du recueil de Roubaud conduit en quelque sorte à une écoute : les poèmes de Quelque chose noir sont, comme le souligne l’auteur lui-même, avant tout à lire à haute voix. Y aurait-il dès lors une forme de musicalité dans cette poésie ? On peut remarquer en tout cas derrière l’apparent chaos de toutes les formes poétiques qui le précèdent un certain nombre de réemploi de celles-ci : ainsi plusieurs mots, expressions reviennent, dispersés, qui rappellent la technique de la poésie des troubadours : Roubaud parle de «mots-rimes» : par exemple, l’expression troublante de «golfe de toits» réapparaît huit fois en tout. Le mouvement vers le sens dont parle M. Maulpoix s’opère donc dans Quelque chose noir dans l’utilisation qui est faite de la langue, dont les mots perdent leur signification, non pas seulement parce qu’ils deviennent les outils d’un langage poétique, mais parce que Roubaud indique par là, sinon une signification réelle, du moins un état dans lequel ces textes auraient un sens, sorte de désarroi infini.

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