Marginalité et lutte idéologique dans les années 70 Exposé

Marginalité et lutte idéologique dans les années 70
Exposé sur la marginalité dans la société vivant sous l'activisme politique des années 1970. (pdf)
№ 30761 | 4,835 mots | 6 sources | 2014 | FR
Publié le juin 30, 2014 in Histoire , Sociologie
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Résumé:

La société occidentale contemporaine, ses valeurs, sa bonne conscience si peu navrée des quelques coups des ethnologues, semble enfin devenue le destin insupportable et vide qu'aucun stoïcisme contemporain ne se donne plus à charge d'assumer. Destin dont on ne saurait plus valider l'efficace, les dieux ayant quitté le ciel, et les hommes enfin confrontés à leur oeuvre, magnifique et démente à la fois. Contre ce destin, voyages mythiques autant que mystiques, sociétés secrètes de tous ordres, monstruosités recherchées pour leur décalage, leur différence, tentent d'élever le faible rempart d'une déviance généralisée : déviance qui ne parvient plus même à se constituer en refus conscient, tant le refus conscient lui-même semble intégré à la logique paranoïaque d'un système qui, de tout, fait biens, valeurs, profit. Les mythes eschatologiques perdent de leur prégnance tant s'impose à beaucoup la certitude que « Cela n'est pas possible, cela ne peut pas durer ». « Cela », c'est l'administration généralisée, la gestion hypertrophiée d'un système dans lequel production de biens, production de valeurs, production de sens même ne sont qu'une seule et même production d'une seule et même valeur commerciale, monétaire, financière. Comme si (déjà? ou enfin?) la société occidentale se retrouvait parvenue à son origine, celle de l'échange généralisé de toutes choses, mais strictement réduit et limité à la seule valeur commerciale d'une croissance sans cesse plus déme-surée, sans cesse plus inconnaissable.
La marginalité pourrait être une réponse de fait à une telle perception d'une existence trop quoti-dienne. Elle s'épuise pourtant à se démarquer, à s'exiler ou à s'abstraire du système omnipotent : peut-on dire alors qu'elle s'épuise entièrement dans la récupération ?

1. Les marginaux, la marginalité, les « autres »...?
2. Marginalité et lutte idéologique
3. Marginaux et « activistes » : même combat ?
4. Répression et récupération : l'ordre et le système

Extrait du document:

De sorte que le groupe dominant, porteur des normes et des valeurs de la classe au pouvoir, ne peut tolérer une provocation si évidente, tandis que les groupes minoritaires et isolés n'ont de cesse de marquer l'inexistence et la vanité du discours qu'on leur oppose. Aucune paix n'est donc possible entre les marginaux et la classe dominante; et si certains groupes, certaines « communautés » se déclarent pacifistes et rêvent d'une tranquillité isolée, force leur est de reconnaître qu'un tel espoir est utopique : leur existence même en tant que groupe ou commune est un défi à l'ordre. Le langage bourgeois étiquette ces menaces contre l'ordre : du pervers au drogué, du gauchiste au délinquant, il forme et déforme les mots, nuance les si-gnifications selon les impératifs de la répression ou de la récupération. Entre la folie et la subversion, il isole un discours censé exprimer la marginalité et que celle-ci reprend à son compte comme emblème. L'asile et la prison, horizon permanent des marginaux, deviennent ainsi l'enjeu d'un combat que tel Groupe d'information sur les prisons (G.I.P.) ou que tels antipsychiatres se donnent à mener avec ou à côté des intéressés eux-mêmes.

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