Qu'est-ce une politique linguistique légitime ? Exposé

Qu'est-ce une politique linguistique légitime ?
Exposé qui analyse si une politique linguistique légitime serait celle qui permet l'égale intégration et participation de tous dans la nation, ou celle qui au contraire, garantit l'égal respect de toutes les langues.
№ 5417 | 5,610 mots | 0 sources | 2007
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Résumé:

Il ressort de notre travail qu’est légitime une politique linguistique qui maintient un équilibre subtil entre d’une part, une langue de travail et de communication, accessible et enseignée à tous, véritable instrument de promotion sociale et de démocratie, qui perdra d’autant son prestige social plus qu’elle sera banalisée et d’autre part un multilinguisme auquel on donnerait vraiment sa chance.
La responsabilité politique qui consiste à donner accès à tous à la langue de communication est indissociable d'une seconde responsabilité qui est de maintenir et de développer la maîtrise de chaque langue nationale, ce qui doit passer par une meilleure protection et une légitimation renforcée des langues nationales.

I. La politique linguistique passe d'abord par l'imposition d'une langue unique commune

A. La politique linguistique comme construction d’une identité nationale commune : exemple de la «glossophagie» à la française
B. La politique linguistique comme vecteur de communication : l’exemple de l’Union européenne

II. La politique unilinguiste jusqu’où ? Politiques linguistiques et démocratie

A. L’imposition d’une langue unique jusqu’à l’exclusion des dialectes
B. La politique unilinguiste, jugée illégitime et non démocratique, est porteuse de remise en cause de l’Etat-nation

III. L’enjeu du multilinguisme

A. Un multilinguisme national est-il possible ?
B. Pour une politique de la langue interétatique ? L’exemple européen

Extrait du document:

L'existence de la langue est indissociable de toute société humaine, en tant que condition de possibilité de la communication qui se doit d'obéir à un code générique et transmis. Universelle donc, la langue n'en est pas moins tout autant intimement privée : c'est ce que nous apprend Roland Barthes qui distingue idiolecte et sociolecte, le code commun de l'expression singulière. La langue est donc un phénomène nécessairement politique, puisqu'elle régit, autant que le pouvoir politique, les relations entre l'individu, le collectif et le supra-collectif. Et la politique linguistique correspond donc à la détermination des grands choix en matière de rapport entre les langues et la société.

Et pourtant, la notion de politique linguistique n'apparaît sous la plume de Fisman que dans les années 1970, dans le contexte de la décolonisation et de l'apparition de jeunes Etats indépendants. On voit dans cette évolution la traduction du fait que deux problématiques s'affrontent dans le champ conceptuel considéré : d’une part, l’intervention standardisatrice de l’Etat pour construire une identité nationale qui se heurte à la diversité des langues et d’autre part, la volonté de leurs locuteurs de les préserver.

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