"La Contre-Démocratie, La politique à l'âge de la défiance" de P. Rosanvallon Fiche de lecture

"La Contre-Démocratie, La politique à l'âge de la défiance" de P. Rosanvallon
Fiche de lecture du livre "La Contre-Démocratie, La politique à l'âge de la défiance" de P. Rosanvallon où il cherche à abolir le mythe du « citoyen passif » qui, en se rendant de moins en moins aux urnes, manifeste son désintérêt de la sphère politique.
№ 23146 | 3,975 mots | 3 sources | 2011
Publié le mars 12, 2011 in Droit , Sciences Politiques
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Résumé:

Dans de précédents ouvrages, P. Rosanvallon s'était attaché à étudier l'histoire de la démocratie représentative, fondée sur l'élection de représentants par les citoyens, et à la crise qu'elle connaît aujourd'hui (on peut par exemple citer sur ce point son livre Le sacre du citoyen - Histoire du suffrage universel en France, Folio Histoire, 2001 ou encore Le Peuple introuvable : Histoire de la représentation démocratique en France, Folio Histoire, 1998). Dans La Contre-Démocratie, La politique à l'âge de la défiance Rosanvallon entend nuancer ce constat. Il cherche ainsi à abolir le mythe du « citoyen passif » qui, en se rendant de moins en moins aux urnes, manifeste son désintérêt de la sphère politique. Selon lui, la participation du citoyen à la démocratie ne peut se résumer à sa dimension électorale : elle recouvre une pluralité de systèmes et modes de participation, englobée par le terme de « contre-démocratie », qui a toujours existé en parallèle de la démocratie, voire qui lui est antérieure.

1. La démocratie de surveillance
2. La souveraineté d'empêchement
3. Le peuple-juge
4. La démocratie impolitique

Extrait du document:

Rosanvallon affirme que le politique est de plus en plus judiciarisé. Il impute ce constat au fait que la responsabilité politique des représentants est de moins en moins mise en cause, d'une part à cause d'un problème institutionnel (absence d'autorégulation), et d'autre part parce qu'il devient difficile de tenir un individu précis pour responsable d'une décision. Ainsi, les citoyens se tournent vers la justice pour mettre en cause la responsabilité des politiques.
En outre, la justice présente cinq avantages expliquant l'inclination démocratique pour ce contre-pouvoir. D'abord, il ne présente pas l'ambiguïté constante effective dans la sphère politique ; le jugement d'un tribunal est rigoureux, transparent. Ensuite, ce contre-pouvoir implique nécessairement une prise de décision judiciaire, mettant fin aux incertitudes et participant à la construction du monde ; le politique, lui, ne cesse de repousser les prises de décisions, et les inscrit dans une large chaîne de projets.

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