"Le phénomène de la vie" de Hans Jonas Fiche de lecture

"Le phénomène de la vie" de Hans Jonas
Fiche de lecture sur "Le phénomène de la vie, vers une biologie philosophique" du philosophe allemand Hans Jonas, qui propose une réforme dans l'approche ontologique.
№ 7242 | 3,105 mots | 0 sources | 2007
Publié le juil. 17, 2008 in Sciences de l'Environnement , Philosophie , Sociologie , Ecologie
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Résumé:

Cet ouvrage, publié en 1966, interroge l’histoire de la métaphysique, pour montrer que l’ontologie traditionnelle ignore l’unité du phénomène vital et est incapable de rendre compte de l’expérience originaire et spécifique du corps vivant singulier.
Par le renversement radical d’une pensée de la vie dans le cadre du partage préalable entre la matière et l’esprit, Jonas se réclame à la fois d’une réforme ontologique et épistémologique : la connaissance et le sens de l’Être doivent reposer sur l’être spécifique que nous délivre l’expérience originaire du corps vivant.
Ainsi, comment établir la nécessité de rendre compte de l’être de la matière et de l’esprit à partir de l’être de la vie, où ils sont tous deux préfigurés ?
Jonas montre d’abord l’inadéquation entre l’épreuve de l’incarnation et la distinction classique entre la matière et l’esprit. La reconnaissance de la plénitude vitale de l’homme pose alors l’alternative de la voie du biologiste, qui réduit la vie à la matière, et de la voie du phénoménologue, qui pense la matière à partir de la vie. La seule expérience humaine originaire et incessante, qui est celle de l’épreuve d’une unité vitale entre une intériorité et une extériorité, apparaît finalement comme la condition d’une ontologie authentique de la vie.
L’unité irréductible de l’être de la vie est-elle alors en mesure de rendre compte de la spécificité et de l’originalité du phénomène vital ?

Extrait du document:

Jonas réhabilite alors l’anthropomorphisme, non comme projection illusoire de la vie proprement humaine sur le monde, mais dans la nécessité de penser toute existence sur le modèle de l’existence humaine (l. 4 à 11). L’axiome aristotélicien : « l’homme est […] la mesure de toute chose » (l. 4-5), est réinterprété dans le sens de l’évidence phénoménale originaire du vitalisme spontané, qui comprend toute réalité sous le modèle de l’être vivant, et fait de l’homme la voie d’accès privilégiée à l’être. Cet anthropomorphisme n’est pas revendiqué à travers la supériorité ontologique de l’homme qui posséderait le logos : il n’est pas question que l’homme accède à l’être « par la législation de sa raison » (l. 5-6), en projetant sur la nature sa propre architecture ontologique, qui travestirait la réalité. L’humanité ne s’ajoute pas à l’animalité par la différence spécifique qu’est la raison ; au contraire, l’homme s’inscrit dans la vie et n’est qu’un cas particulier de ses modalités. Il s’agit donc de partir de l’expérience humaine, pour déterminer une architecture ontologique universelle, qui puisse témoigner de tous phénomènes vitaux. L’étant que nous éprouvons immédiatement constitue ainsi la norme ontologique, « le modèle » (l. 6) pour la totalité de la réalité. L’expérience de la « totalité psychophysique » (l. 6) est l’expérience du corps vivant singulier, originaire à toute épreuve ; sera donc considéré comme vivant, c’est-à-dire doué de la plus grande « complétude ontologique » (l. 7), l’être qui se donne à nous de manière constante, et qui témoigne d’une unité vitale, d’une harmonie entre l’intériorité psychique de la conscience, et l’extériorité physique du corps. Cette complétude rend impossible la négation de notre vie, en ce que notre être en vie est le témoin ontologique, le sens premier et éminent de l’être dans sa plénitude, à partir duquel doit être confrontée toute donation.
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