"Les subalternes peuvent-elles parler ?" de Gayatri Chakravorty Spivak Fiche de lecture

"Les subalternes peuvent-elles parler ?" de Gayatri Chakravorty Spivak
Fiche de lecture portant sur "Les subalternes peuvent-elles parler?" (1988) de Spivak, se demandant si la formulation de l'auteur « la subalterne ne peut parler » est applicable à toutes les périodes de l'histoire. (pdf)
№ 31399 | 1,450 mots | 0 sources | 2015 | FI
Publié le mai 31, 2015 in Histoire , Sociologie
5,95 $US Acheter et télécharger immédiatement ce document



Résumé:

La thèse de l'auteur est que « la subalterne ne peut parler ». Ainsi, en général, on ne l'écoute pas et les intellectuels parlement à son sujet et non pour elle ou de son point de vue. Si on prend l'exemple de la veuve hindoue confrontée au sati, c'est-à-dire à son sacrifice sur le bûcher aux côtés de son mari, on s'aperçoit que lorsque les britanniques ont aboli cette coutume, deux points de vue s'opposaient. D'une part, les européens s'affirmaient être les libérateurs des femmes indiennes ; pour eux, « des hommes blancs [sauvaient] des femmes de couleur d'hommes de couleur », ce qui est une marque de leur supériorité. D'autre part, les hindous pensaient que le sati représentait le choix véritable de la femme.

1. Situez le texte et l'auteur dans leur contexte d'énonciation
2. Quelle est la thèse de l'auteur ?
3. Définissez dans le texte : subalterne ; sujet
4. Expliquez : « Cette formulation est déplacée dans le contexte du Premier Monde vers celui du post-colonial (qui n'est pas identique au Tiers-Monde) » (p. 69)
5. Que reproche l'auteur aux sciences sociales occidentales ?
6. Qu'apporte l'exemple final à la thèse de l'auteur ?
7. Indiquez 3 questions posées par l'auteur (en les reformulant brièvement)
8. Indiquez les questions que ce texte vous pose (en tant qu'étudiants de Sciences po)

Extrait du document:

Cette phrase signifie que la figure de la femme subalterne se modifie entre un contexte de colonisation (le « Premier Monde » caractérisé par l'impérialisme colonial des nations colonisatrices), dans lequel la couleur de la peau établit une stratification entre les individus, la femme faisant donc partie des dominés, et un contexte post-colonial, dans lequel le pays ne fait plus partie d'un empire colonial, les rapports de force dominants/dominés devant se construire sur une autre base. Ce monde post-colonial est différent, plus vaste que le Tiers-Monde qui constitue l'ensemble des pays en carence de développement, globalement issus des anciens empires coloniaux, et qui peuvent être définis comme une troisième partie du monde face aux deux grands blocs idéologiques de l'époque mais aussi « car enfin ce tiers-monde ignoré, exploité, méprisé comme le Tiers-Etat, veut lui aussi être quelque chose » (Alfred Sauvy, démographe français, 1952).

Commentaires