"Oedipe roi" de Sophocle (Grèce antique, vers 426 avant J.-C.) Fiche de lecture by Larochejacquelein

"Oedipe roi" de Sophocle (Grèce antique, vers 426 avant J.-C.)
Fiche de lecture portant sur l'œuvre de Sophocle qui décrit la prise de conscience d'une vérité, qui était connue de prime abord mais que l'on voulait ignorer : le triomphe des dieux sur les hommes.
№ 8632 | 4,090 mots | 0 sources | 2006
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Résumé:

La légende d'Œdipe est sans doute la plus célèbre de l'Antiquité. Conforme à la tradition mythographique, l'intrigue d'Œdipe Roi fait une large place au merveilleux. Œdipe Roi, c'est le progrès habilement ménagé d'une sorte d'enquête policière. Au début, l'enquêteur (Œdipe) se perd sur une fausse piste (il s'imagine que le vrai malheur est la peste qui s'est abattue sur la cité) ; mais il ne s'agit pas pour lui d'élucider un lointain fait divers ; l'intrigue fait intervenir des témoins soumis à interrogatoire, on confronte des indices.

I. Oedipe Roi appartient au genre théâtral de la tragédie

II. Que retenir de la vie et de l'oeuvre de Sophocle ?

III. Le grand thème d'Oedipe Roi, c'est le destin

IV. Le personnage d'Oedipe, une énigme en soi et tout le tragique
réside dans la résolution de cette énigme

V. Compte à rebours d'une malédiction annoncée, dernier acte d'un destin, tels pourraient être les sous-titres de la pièce de Sophocle

VI. La grande question que pose la pièce est : est-ce que l'homme est maître de son destin ? Et, par conséquent, l'homme est-il responsable ?

Extrait du document:

En fait, s'il devait s'agir d'un roman policier (fort heureusement, c'est bien plus que cela), ce serait un roman policier dévoyé, dans la mesure où l'on sait tout dès le début de la pièce : les spectateurs d'Œdipe Roi, comme les lecteurs contemporains, connaissent – évidemment – le mythe et, au cas où cela serait encore insuffisant, Tirésias délivre d'emblée l'identité du coupable. Ce qui reste intéressant dans ce schéma, c'est la manière dont il est dévoyé, détourné, et ce de multiples façons : l'enquêteur est aussi le coupable ; il résiste à la vérité qui lui est soumise par l'expert Tirésias. La délivrance sans doute trop immédiate de la vérité ouvre sur une dénégation violente, et sur une fausse piste dédoublée, à la fois psychologique et politique : le complot ourdi par le pseudo-jaloux Créon. L'enquête s'élargit et se dédouble : à la question initiale «qui est le meurtrier de Laïos ?», succède et se substitue la question «qui est Œdipe ?», et plus précisément : «qui suis-je ?» (question ouverte par Tirésias au vers 435 et qui va dès lors hanter le protagoniste). Pour Œdipe, il s'agit d'aller à la rencontre du noir secret de ce destin qu'il rejette. Un secret, pour reprendre le mot de Victor-Henri Debidour, «qu'il sait parfaitement et qu'il ignore absolument». Concernant l'accueil réservé à la pièce de Sophocle lors de sa première représentation, il est difficile d'en parler avec justesse vu l'imprécision des sources sur des faits qui remontent à plus de vingt-quatre siècles ; ce qui est sûr, c'est que la pièce est aujourd'hui un classique aimé des foules, qui a engendré quantité d'adaptations littéraires (on citera La machine infernale, de Jean Cocteau) et cinématographiques, comme celle de Pier Paolo Pasolini, avec son Edipo Re de 1967.

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