"Paroles de détenus" de Jean-Pierre Guéno Fiche de lecture

"Paroles de détenus" de Jean-Pierre Guéno
Fiche de lecture de l'ouvrage "Paroles de détenus" de Jean-Pierre Guéno portant sur le monde carcéral et exposant divers témoignages d'individus ayant été prisonniers. (pdf)
№ 31127 | 1,830 mots | 0 sources | 2014 | GB
Publié le nov. 18, 2014 in Sociologie
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Résumé:

«Mon désir n'est pas de créer l'ordre, mais le désordre au contraire au sein d'un
ordre absurde, ni d'apporter la liberté, mais simplement de rendre la prison visible». Le dernier terme de cette citation de Paul Claudel est peut-être celui qui qualifie le moins la prison. L'univers carcéral est en effet caché et non visible. Sujet tabou, il est rarement mis sur le devant de la scène politique. Ce n'est que ponctuellement que des journalistes ou que des associations tentent de parler de ce lieu d'enfermement, de ce lieu où, au 1er octobre 2013, 67 310 personnes étaient écroués détenus. Du côté des individus ayant passé du temps en prison, là encore, le silence est de rigueur. Mettre des mots sur cette période souvent vécue comme honteuse, traumatisante et déstabilisante est difficile. C'est pourtant ces précieux témoignages qui sont le socle de Paroles de détenus, recueil de Jean-Pierre Guéno, paru en 2000.

1. Le lundi, jour de la Lune est la case qui exprime les tourments de l'homme seul et
incarcéré
2. Vient ensuite le mardi, jour de Mars, jour de la violence et de la haine
3. Le mercredi est la case associée à Mercure, celle de l'échange avec soi et avec
autrui
4. Jeudi, jour de Jupiter comporte deux cases : une consacrée à la justice qui écrase
et l'autre à la justice acceptée voire assumée comme un élément indispensable à la
cohésion sociale
5. La case du Vendredi, jour de Vénus, est celle des textes d'amour, de passion mais
aussi de déchirure
6. Vient ensuite le samedi, jour de Saturne où sont regroupés des textes faisant
référence à la mort et au suicide
7. Le dimanche est le jour de la lumière, de la liberté et des témoignages
de ceux que la prison n'a pas détruit

Extrait du document:

Ce livre a pour particularité de ne pas faire «le procès de la prison», selon les
propres termes de Jean-Pierre Guéno. Il souhaite simplement mettre en lumière ces
individus qui restent des êtres humains, même s'ils ont parfois franchi les limites de
l'inhumanité. Le recueil ne relate d'ailleurs pas, dans la grande majorité des cas, les
raisons de leur enfermement. L'idée est que peu importe ce que la personne a fait pour se retrouver enfermée, ce qui compte c'est son expérience par rapport à son séjour en prison, et ce qu'elle a à dire concernant les conditions de détention. On peut toutefois se demander si ces témoignages sont vraiment représentatifs de la population carcérale puisque seuls ceux qui savent écrire ont pu participer à ce recueil et qu'un tri certain a été réalisé par l'auteur.
Le procédé utilisé par Jean-Pierre Guéno, à savoir la juxtapositions des écrits avec
de très brèves interventions de l'écrivain renforce le réalisme poignant des lettres. En témoignent d'ailleurs les quelques fautes d'orthographes, mots crus ou expressions maladroites volontairement laissés dans certaines lettres.

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