"Si c'est un homme" de Primo Lévi Khôlles by Paracrema

"Si c'est un homme" de Primo Lévi
Khôlle de littérature qui traite de la question de l'identité du "je" dans l'œuvre de Primo Lévi.
№ 4217 | 970 mots | 0 sources | 2006
Publié le mars 09, 2008 in Littérature
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Résumé:

Le récit commence par un «je». Ce «je» restera présent tout au long du texte, il correspond toujours à la perspective d’un sujet singulier : c’est bien son histoire que Primo Lévi raconte, tout y est raconté d’un point de vue individuel singulier immergé dans le Lagger.
Dans un contexte où l’identité est niée, l’emploi de la première personne soulève des problèmes, le «Je» apparaît donc tantôt pour ébaucher un retour de cette identité singulière, et tantôt pour prendre du recul par rapport à tous ces faits relatés. Primo Lévi doit concilier son identité d’avant, son identité de détenu et son statut de témoin après coup.

I. Un «je» qui n’est pas autobiographique
1- Un sujet sans histoire
2- Le «je» et le «nous»

II. Le retour de l’identité
1- Souvenirs de la vie antérieure
2- Deux moments privilégiés

III. Le «je» de l’écrivain
1- L’observateur
2- «Hier» et «Aujourd’hui»

Extrait du document:

Parfois des bribes du passé remontent à la surface. Par exemple, à l’infirmerie, le «mal de la maison» s’éveille à la mémoire. «nous nous apercevons avec stupeur que nous n’avons rien oublié, que chaque souvenir évoqué surgit devant nous avec une douloureuse netteté». Au chapitre 15 lorsque deux jeunes filles disent «cette année est vite passée» il ne peut s’empêcher de comparer son «moi» actuel avec celui de l’année précédente : «de ma vie d’alors il ne me reste plus aujourd’hui que la force d’endurer la faim et le froid ; je ne suis plus assez vivant pour être capable de me supprimer».
Au chapitre 10, l’examen de chimie, bien qu’angoissant et humiliant, lui restitue provisoirement son identité. Il se sent autre que simple détenu ; « moi je suis chimiste ». il retrouve son savoir qui est toujours là, c’est comme s’il se retrouvait lui-même. «C’est la fièvre des examens, ma fièvre, celle de mes examens». «Je suis bien la même personne». Au chapitre 11, le chant d’Ulysse, pour la première fois il peut parler avec un ami et évoquer ses souvenirs sans souffrance ; «nous parlions de chez nous ; de Strasbourg et de Turin, de nos lectures, de nos études ; de nos mères». Mais ces moments de répit ne durent pas : l’examen de chimie finit sur une humiliation qui refait de lui un «sous-homme» ; et à la fin du chant d’Ulysse, la mer, symbole du Lagger, engloutit les deux hommes.

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