« Le marquis de Sade », lecteur de Jean-Jacques Rousseau Mémoire ou thèse by veber

« Le marquis de Sade », lecteur de Jean-Jacques Rousseau
Mémoire de recherche se demandant si « Aline et Valcour » de Sade est une réécriture du roman « La Nouvelle Héloïse » de Jean-Jacques Rousseau.
№ 31078 | 26,750 mots | 33 sources | 2014 | FR
Publié le oct. 29, 2014 in Littérature
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Résumé:

Au seuil de notre étude, une première interrogation, loin d'être incongrue, s'impose : Sade a-t-il lu Rousseau ? Philippe Roger, auteur d'un article fondamental sur la question de l'intertextualité rousseauiste dans l'œuvre de Sade , dont nous suivrons la démonstration dans cette introduction afin de la discuter, propose pour y répondre de recourir aux inventaires. Le premier, catalogue dressé en 1787 des livres de Sade à la Bastille, ne montre aucune occurrence de l'écrivain Genevois. On trouve cependant un Émile et des Œuvres en un volume dans l'inventaire de 1814 à Charenton . Maigre butin, s'il en est. Toutefois Philippe Roger dévoile deux inventaires inédits, permettant de jeter un jour nouveau sur la question : celui de la bibliothèque de La Coste en 1769, riche de seize volumes : des Œuvres mêlées, la Nouvelle Héloïse, l'Emile, les Lettres de la Montagne et Du Contrat Social ; et celui de la bibliothèque de l'abbé de Sade, oncle du marquis, à son décès en 1777, comprenant : un Émile, une Nouvelle Héloïse, des Œuvres diverses (dans lesquelles on trouve notamment les deux Discours ainsi que la Lettre à D'Alembert), un Contrat Social, les Lettres de la Montagne et enfin A Christophe de Beaumont . Ajoutons à ces informations la commande de la lettre du 15 Juin 1782 du marquis emprisonné à la Bastille à sa femme, des Confessions et de Pygmalion, intermède , et l'on voit se dessiner la figure d'un Sade lecteur de Rousseau.

I. Jeux d'échos avec la Nouvelle Héloïse : filiations, variations et travestissements dans Aline et Valcour
II. Perversion de la forme épistolaire : Aline et Valcour, bâtard de Julie
III. Sade face à Rousseau, ou le dialogue possible

Extrait du document:

Force est de constater que le personnel sensible du Roman Philosophique n'atteint pas les sommets de vertu de Julie ou de Saint-Preux ; il apparaît au contraire comme subverti, comme une perversion de la voix rousseauiste. Que dire enfin de ces quelques scènes rejouant certains passages parmi les plus célèbres de Julie ? Nous comparerons un tableau commun aux deux œuvres, celui du cauchemar de l'amant, en espérant pouvoir dégager de cette comparaison textuelle certaines modalités du rapport Rousseau/Sade.

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