Le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN Commentaire de Texte by cheikh

Le retrait de la France du commandement intégré de l'OTAN
Commentaire portant sur le débat conçernant le retrait de la France de l’OTAN, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, fondée le 4 avril 1949 à Washington.
№ 4091 | 4,650 mots | 8 sources | 2008
Publié le mars 04, 2008 in Relations Internationales , Sciences Politiques
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Résumé:

Ce texte rapporte les discours de deux hommes aux conceptions diamétralement opposées au sujet de la politique extérieure : René Pleven d’une part, pro-européen de sensibilité démocrate-chrétienne, et Maurice Couve de Murville d’autre part, ministre Français des affaires étrangères de Charles de Gaulle pendant 10 ans, de 1958 à 1968, et ayant l’entière confiance du général.
Ce sont tous les deux des hommes écoutés, au-delà même de leurs partis politiques et très adroits dans leurs discours. Ils s’affrontent ici dans le cadre du débat de politique générale, se tenant entre le 13 et le 15 avril 1966 à l’Assemblée Nationale, dans un contexte où les pouvoirs du parlement sont nettement diminués par rapport à la IVème République. Le poids parlementaire de l'opposition est aussi relativement faible.

I. Hostilité de l’opposition face au retrait français du commandement intégré de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord
a) Une politique d’indépendance nuisible
b) Affaiblissement de la France causé par son retrait du commandement intégré
c) Une hostilité qui reflète les faiblesses de l’assemblée face au pouvoir exécutif

II. Défense de la politique extérieure française
a) LOrganisation du Traité de l’Atlantique Nord, une organisation incompatible avec les orientations du gouvernement
b) Le rôle de la France au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord non-conforme avec son « rang »
c) Le retrait du commandement intégré : une décision attendue

III. Le discours de Pleven : reflet des grandes incertitudes des alliés
quand à la nouvelle politique extérieure française
a) Un retrait prévu mais surprenant
b) Incertitudes sur la nouvelle «coopération» annoncée par de Gaulle
c) Politique de désolidarisation du général de Gaulle ?

Extrait du document:

Le 7 mars 1966, soit un peu plus d’un mois avant la tenue des débats relatés dans ce texte, de Gaulle rédige une lettre à l‘attention du président Américain Johnson, dans laquelle il annonce son retrait du commandement intégré de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord tout en assurant vouloir rester membre de l’alliance atlantique. Cette décision n’est pas soudaine. Depuis son retour au pouvoir en juin 1958, de Gaulle avait déjà fait le bilan de tout ce qui lui déplaisait à propos de la présence française au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, que ce soit d’un point de vue militaire, stratégique ou politique. Il faut savoir que de 1958 à 1969, c’est lui qui donne véritablement l’impulsion à la politique étrangère française. Il s’appuie pendant ces années au pouvoir, sur une grande stabilité ministérielle et une majorité confortable au parlement pour promouvoir son ambition, c’est-à-dire restaurer le « rang » de la France dans le monde. Le moment choisi pour retirer le pays du commandement unifié n’est pas non plus anodin. En effet avant 1962, la France est encore empêtrée dans la guerre d’Algérie et ne peut disposer d’une force autonome. De plus entre 1962 et 1964 la détente perceptible avec le bloc de l’Est n’est pas encore bien nette.

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